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Pokljuka: Fourcade au repos après sa "grosse claque" sur le sprint

Passé à côté du sprint vendredi (24e), Martin Fourcade n’était pas à l’entraînement ce samedi matin avec le reste de l’équipe de France. Il va observer une journée de repos, mais aucune décision n'a pour l'instant été prise concernant sa participation à la poursuite dimanche.

Au lendemain de sa contre-performance sur le sprint de Pokljuka en Slovénie, Martin Fourcade n’était pas à l’entraînement ce samedi matin avec le reste de l’équipe de France. Le quintuple champion olympique, qui a pris une inexplicable 24e place vendredi sur le premier sprint de la saison, alors qu’il avait remporté la veille le 20km Individuel, va observer une journée complète de repos à son hôtel. Après une nuit de sommeil, les causes de cette "grosse claque", où il a "vécu un calvaire sur les skis" selon ses mots, restaient toujours sans véritable réponse.

"On est encore dans l’incompréhension de ce qu’il s’est passé", avoue Vincent Vittoz, le nouveau coach des Bleus. "C’est compliqué à analyser parce que si on regarde les chronos de Sjusjoen ou Obertilliach (les deux derniers stages sur neige en Norvège et Autriche avant d’arriver à Pokljuka), Martin est à minima 5-6 secondes devant Simon (Desthieux) et une quinzaine devant Quentin (Fillon Maillet). L’Individuel a été moyen, mais moyen pour tout le monde. Il restait le meilleur Français sur les temps de ski de l’Individuel. Et là sur le sprint globalement Antonin (Guigonnat), Quentin et Simon sont présents avec des bons temps de skis et à l’inverse Martin perd plus de 30-40 secondes sur eux sans réelles explications. C’est un peu compliqué à comprendre", reconnaît-il.

Vittoz a contacté Bouthiaux

Les skis de Fourcade ont également été passé au crible par le staff. "Au niveau de la glisse, les skis ont été comparés, et il n’y a rien de flagrant. Il n’avait peut-être pas la meilleure paire de l’équipe, mais ce qui a été mis en place en terme de paraffinage et structure et d’écart vu par rapport aux autres ne justifie pas cette contre-performance", détaille Vittoz. Vendredi soir, ce dernier a passé un coup de fil à Stéphane Bouthiaux, son prédécesseur et coach des Bleus pendant 10 ans, aujourd’hui directeur de la discipline à la FFS, et qui était présent à Pokljuka en début de semaine.

Fourcade
Fourcade © AFP

Il a évoqué avec lui les hypothèses: "Est-ce que c’est une déshydratation passagère? Est-ce que c’est un petit coup de fatigue, une accumulation de petits détails? Il a puisé énormément d’énergie pour aller chercher la victoire sur l’Individuel, peut être que 24h n’ont pas suffi pour se remobiliser même si il a beaucoup de métier et d’expérience. C’est autant de questions qui peut-être n’auront jamais de réponse." La piste de l’impact de sa course victorieuse de la veille, dans des conditions particulières avec un report puis une mauvaise stratégie due à de mauvaises prévisions météo, était ce matin peut être l’une des plus avancée.

Verdict dimanche matin pour la poursuite

"Il n’y a pas d’indice réel autre que l’impact de ce 20km sur le lendemain, l’impact mental et physiologique. Est-ce qu’il avait vraiment digéré ce 20km. Je pense qu’il a mis beaucoup d’investissement mental sur ses tirs, c’est une piste en tout cas mais il y a peu de réponses", décrypte-t-il. Fourcade avait à chaud vendredi évoqué la possibilité de ne pas s’aligner dimanche sur la poursuite. L’hypothèse tient toujours même si comme l’assure Vittoz, "aucune décision n’est prise pour le moment".

"Martin fait une journée de repos et on avisera. Pour le moment, il est au départ dimanche. On laisse faire cette journée de repos, il réagit souvent très bien à des breaks donc est-ce qu’un jour sera suffisant? Une poursuite c’est aussi une course où le tir à son importance et Martin est quelqu’un qui au contact saura mieux se jauger et je pense qu’il aime ça. Il faut voir avec lui si il aura cette envie de jouer au niveau du tir. Il l’avait en tout cas hier soir donc on est quand même encore en phase de réflexion mais on ne penche pas d’un cote ou de l’autre. C’est pas ce qu’on espérait, ça met du doute et pour le moment les réponses sont difficiles à trouver. C’est un petit accroc, j’espère qu’il sera juste passager", confie-t-il. La décision sera prise dimanche matin avant le départ prévu à 11h45.

Julien Richard