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Gailhaguet : « J’endosse toutes les erreurs »

Didier Gailhaguet

Didier Gailhaguet - Crédits photo : nom de l'auteur / SOURCE

Malgré la présence d’une Française en quarts de finale du short track, c’est un nouveau zéro pointé pour la Fédération française des sports de glace. Son président, Didier Gailhaguet, se défend, reconnait certains torts et s’interroge.

Didier Gailhaguet, plus que le bilan qui est le même qu'à Turin et Vancouver...

(il coupe) … A Turin en 2006, je n’étais pas président (NDLR : il venait d’achever sa suspension après le scandale de Salt Lake City), et à Vancouver en 2010, je venais de le redevenir. Donc je veux qu’on m’accuse de beaucoup de choses, mais lorsque je suis aux commandes et que je mène mon projet. Ici, à Sotchi, je suis le responsable et j’assume tout.

Comment expliquer alors ce zéro pointé en Russie ?

J’aimerais l’expliquer. Depuis 4 ans, la glace a eu un bilan presque euphorique avec 56 médailles à tous les niveaux (championnat d’Europe, du monde, coupe du monde, juniors et séniors) et dans toutes les disciplines. Mais aux JO, les difficultés sont là. Il y a de nombreuses causes. D’abord, nous avons eu de nombreuses blessures, en short track, en couple, en patinage de vitesse. On ne peut être satisfait du bilan. Ensuite, il a un problème de générations d’athlètes. D’un côté, nous avions des jeunes sans trop d’expérience, et de l’autre, des patineurs en fin de carrière. Avec notre mentalité de latins, quand tout va bien, il faut anticiper que cela va mal se passer derrière. C’est une erreur que j’assume.

Certains athlètes se plaignent de ne pas être soutenus par la fédération.

Je ne peux pas laisser dire ça. Je les défends ! Et d’ailleurs, j’entends beaucoup de choses sur eux. Mais ils font ce qu’ils peuvent. Nous essayons avec les moyens dont nous disposons de leur apporter tout le soutien qu’il leur faut. Exemple avec la grande piste. Comment lutter avec les Pays-Bas quand nos 3 seuls athlètes licenciés dans cette discipline et qualifiés pour les Jeux ne disposent pas d’anneau de vitesse en France ? Peut-être nous sommes-nous endormis lorsqu’on regarde les 2 dernières années avec ces podiums réalisés. Mais à l’inverse, puisque cela marchait bien. Pourquoi aurait-on changé ? Je suis solidaire de mes athlètes parce qu’ils le méritent.

Pourquoi, selon vous, votre fédération est-elle autant critiquée ?

La critique est aigue au moment des Jeux Olympiques. Je l’assume et cela fait partie du jeu. Mais inversons les choses. Je pense objectivement que nous n’avons pas toujours les moyens pour lutter. Nous gérons une fédération de 10 disciplines différentes dont 8 sont olympiques. La France est un grand pays de ski, mais certainement pas de glace. Nous avons 30000 licenciés environ. C’est peu. Nous faisons ce que nous pouvons avec les moyens du bord. Ce n’est pas pour autant que nous ne sommes pas respectables, les athlètes en premier. Et depuis quand juge-t-on une action fédérale en 2 semaines ?

Serez-vous candidat à votre propre succession à la présidence de la FFSG en juin prochain ?

Je laisserai à une nouvelle équipe au mois de Juin, une fédération politiquement et économiquement stabilisée. Il n’y a plus de contentieux dans cette fédération. Tous ont été réglés. La nouvelle équipe bénéficiera de locaux dont la fédération est propriétaire. J’ai un regret car ma passion, c’est de ramener des médailles et je suis frustré. D’où mon interrogation sur ce que je vais faire. Il y a des sollicitations, non négligeables, qui me passionnent aussi. Si j’étais candidat, ce qui est loin d’être le cas pour l’instant, je ferais appel à d’anciens athlètes afin qu’il puisse m’aider et régler un certain nombre de choses qui méritent un regard neuf. Aujourd’hui, c’est vrai, la fédération a besoin d’un électrochoc. Mais le travail accompli depuis 4 ans mérite le respect.

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Propos recueillis par François Giuseppi et à Sotchi