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Grange se paie sa part d’histoire

Jean-Baptiste Grange peut savourer son titre de champion du monde

Jean-Baptiste Grange peut savourer son titre de champion du monde - -

Jean-Baptiste Grange a raflé ce dimanche la médaille d’or du slalom des Mondiaux de Garmisch-Partenkirchen. Le titre mondial du skieur de Valloire est le premier pour la France depuis 1982 et le succès en combiné de Michel Vion. Historique.

Dimanche après-midi à Garmisch-Partenkirchen. Un skieur franchit tout schuss la ligne d’arrivée de la piste allemande. Le regard scotché sur l’horloge géante. Si intensément qu’il percute dans la foulée le cercle de protection. Rien de grave pour le bonhomme, qui lève le poing, serré, haut vers le ciel. Sourire aux lèvres. Jean-Baptiste Grange vient d’être sacré champion du monde. « C’est un moment énorme, savoure le skieur de Valloire. Probablement le plus beau de ma vie. Je l’attendais depuis longtemps. J’en ai déjà connu beaucoup, avec la Coupe du monde de slalom en 2009. Là, ça veut dire beaucoup de choses. Je n’ai même pas réalisé sur le coup. Je vois que je suis premier, mais c’est tellement fort que j’en suis resté par terre. »

Michel Vion, dernier skieur français à avoir été sacré champion du monde (combiné en 1982) a un successeur. Jean-Noël Augert également, son homologue en slalom douze ans plus tôt (1970). « J’ai les larmes aux yeux, confie ce dernier. C’est tout le ski français qui est en fête. Bravo à Jean-Baptiste. C'est un très grand champion. Il a bien géré sa deuxième manche. » La première aussi. C’est grâce à l’avance qu’il a acquis que le Mauriennais a pu construire son succès, 43 centièmes devant le Suédois Jens Biggmark. Et 61 sur l'Italien Manfred Moelgg.

« L’attente a été longue entre les deux manches, raconte Grange. Dès les premiers appuis lors de la deuxième manche, j’ai senti que j’étais un peu stressé. Les conditions n’étaient vraiment pas faciles. Je me suis accroché, j’ai essayé de ne penser qu’à skier vite. » Et de ne pas laisser ses vieux démons le rattraper.

Grange : « Cette médaille, je la mérite »

Ceux des Mondiaux de Val d’Isère, en 2009, où Grange est contraint à l’abandon lors des deuxièmes manches du slalom et du combiné. Ceux de l’hiver 2010 et son opération du genou droit, qui le privera des JO de Vancouver. « Il a vécu des choses difficiles, confesse son ami et camarade en équipe de France Julien Lizeroux. Tout cela lui a servi aujourd’hui. Depuis deux ans, on dit de lui qu’il n’a pas de mental, que ce n’est pas un champion. La meilleure réponse, c’est celle du terrain. »

Après son globe de cristal en 2009 et sa médaille de bronze aux Mondiaux d’Are (Suède), en 2007, Jean-Baptiste Grange connaît enfin la consécration après laquelle il courait tant. « Je reviens de loin. Ce n’est jamais évident d’évoluer à ce niveau. J’ai toujours eu beaucoup de pression sur les épaules. Il y a eu des moments qui n’étaient vraiment pas simples. J’avais vraiment à cœur de l’avoir cette médaille. Je la mérite. J’avais montré à plusieurs reprises que j’étais capable d’être le meilleur skieur en slalom. » Ce statut est bel et bien entériné désormais.

Alix Dulac avec Jérôme Sillon à Garmisch-Partenkirchen