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JO 2014 : dans un an, Sotchi !

Le futur stand de tir olympique, à Sotchi

Le futur stand de tir olympique, à Sotchi - -

Le 7 février 2014, débuteront les Jeux Olympiques d’hiver à Sotchi (Russie). Equipée d’infrastructures vétustes, la ville s’est lancée dans d’énormes chantiers de modernisation, marqués par de nombreux abus sur les travailleurs étrangers.

Dans un an jour pour jour, le 7 février 2014, la Russie donnera le coup d’envoi des premiers Jeux Olympiques d’hiver de son histoire. Depuis l’attribution de l’organisation de l’évènement à Sotchi le 4 juillet 2007, le pouvoir politique met les bouchées doubles pour présenter un visage moderne et sûr de son pays. Mais à un an de la cérémonie d’ouverture, la vie habituellement paisible de la station balnéaire, située au bord de la mer Noire et bordée de palmiers, est rythmée par un concert de grues et de poussière. « Il y a énormément de travaux, ils construisent des routes, des tunnels, témoigne Bastien Simonneau, restaurateur français de 30 ans qui habite la ville depuis quatre ans. Il y a des bouchons tout le long avec des coupures de courant à répétition. » Car le chantier est immense.

Si elle constitue un lieu de villégiature prisé (et cher) pour les Russes, Sotchi porte encore l’héritage vieillot de l’Union soviétique. « Je n’ai jamais vu un truc pareil, c’est un chantier gigantesque, explique la patineuse français Nathalie Péchalat, qui s’est entrainée plusieurs années en Russie. Il leur manquait plein de choses au niveau des infrastructures. Ils font la totale. » « Ils sont en train de rattraper leur retard, confirme Bastien Simmoneaux. C’était assez obsolète. Avant les JO, il n’y avait qu’une seule station de ski et des remontées mécaniques qui dataient depuis plus de 30 ans. Aujourd’hui, on parle de trois stations. » Les travaux animent donc cette cité étalée sur 30 kilomètres de superficie, mais aussi les montagnes.

Péchalat : « Ce seront des Jeux du tonnerre »

A Adlerovskiy et Krasnaya Polyana, où se dérouleront les épreuves de ski, les ouvriers sont à pied d’œuvre pour assurer la livraison des infrastructures en temps et en heure. Une affaire d’honneur pour les Russes, très impliqués dans la réussite de leurs JO. « Ce sont des gens très fiers et qui aiment bien montrer leur supériorité, poursuit Nathalie Péchalat. Ils seront super prêts. Ce seront des Jeux du tonnerre. On n’aura que des bonnes surprises. » L'ONG Human Rights Watch (HRW) n’est pas du même avis puisqu’elle a dénoncé, dans un rapport baptisé « la course vers le fond », les multiples abus (salaires payés à moitié, passeports et permis de travail confisqués, journée de travail de 12 heures avec une journée de repos par quinzaine) dont sont principalement victimes les 16 000 travailleurs étrangers.

Le climat sportif devient aussi pressant. Fans de sports de glace, les Russes attendent énormément de leurs champions. « C’était devenu difficile de trouver des créneaux pour s’entraîneur, atteste Nathalie Péchalat, qui a quitté Moscou pour les Etats-Unis. Les Russes veulent à tout prix une médaille olympique. Comme on était un peu dans leur chemin… Ils cherchaient évidemment à ce qu’on ne leur pique pas leur place. Ça venait des instances et du gouvernement. » Jusqu’au 7 janvier 2014, la pression ne va faire qu’augmenter.

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Poutine en visite sur les sites olympiques|||

Le président russe Vladimir Poutine s’est rendu, en compagnie du vice-Premier ministre Dmitri Kozak, sur les sites des Jeux Olympiques, mercredi. Il s’est ainsi rendu sur le complexe qui accueillera les épreuves de saut à ski dans les montagnes du Caucase. Alors que les JO de Sotchi sont déjà les plus coûteux de l'histoire (36 milliards d'euros), Poutine a demandé aux responsables de veiller au respect du budget mais aussi aux délais de livraison des équipements. Il poursuivra jeudi l'inspection des sites et rencontrera Jacques Rogge, président du comité international olympique (CIO), le Français Jean-Claude Killy, président de la commission du CIO chargée de Sotchi. Les trois hommes participeront à la grande cérémonie organisée en soirée au Palais de glace « Bolchoï »- un bâtiment de 7 000 m2 recouvert d'une coupole en verre construit dans le village olympique au bord de la mer Noire - à un an jour pour jour du coup d'envoi des JO.

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JO 2014 : un haut dirigeant russe limogé|||

Akhmed Bilalov, le vice-président du comité olympique russe, a été limogé ce jeudi à la suite d’importants retards dans la construction d’un complexe de saut à skis pour les JO de Sotchi en 2014. Cette annonce intervient au lendemain des critiques émises par Vladimir Poutine, le président de la Russie, mécontent de voir les installations encore en travaux alors qu’elles devaient initialement être terminées en 2011.