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JO 2014 : Hollande, une absence en question

Vladimir Poutine et François Hollande

Vladimir Poutine et François Hollande - -

Alors que les JO d’hiver s’ouvriront dans moins de deux mois à Sotchi, le ministre des Affaires étrangers, Laurent Fabius, a annoncé que François Hollande n’avait pas l’intention de se rendre en Russie. Sans en préciser les raisons.

Le mot est sans doute un peu fort. Il n’a d’ailleurs jamais été employé par Laurent Fabius, trop soucieux de préserver ce qu’il reste des rapports franco-russes. Il ne s’agit donc officiellement pas d’un boycott, mais François Hollande ne se rendra pas en Russie pour assister aux Jeux Olympiques de Sotchi (7 au 23 février). C’est au détour d’une interview accordée à nos confrères d’Europe 1 que le ministre des Affaires étrangères a annoncé la nouvelle. Plutôt tendues ces derniers mois, les relations entre le président français François Hollande et son homologue russe Vladimir Poutine ne risquent pas de se réchauffer dans les prochains jours. La décision de ne pas se rendre en Russie n’a pourtant rien d’incongrue. Depuis François Mitterrand en 1992 à Albertville, aucun président français n’a assisté à des JO d’hiver.

Sauf qu’en lâchant cette petite phrase, le chef de la diplomatie française n’a pas précisé les raisons de cette absence. Agenda surchargé, choix politique, décision personnelle, protestation contre les lois anti-gays… Les hypothèses sont nombreuses et les réponses, elles, beaucoup moins. « On aimerait en savoir plus sur la raison de cette communication un peu tonitruante, mais finalement sans beaucoup de substance, regrette le directeur du bureau français de Human Rights Watch, Jean-Marie Fardeau. On ne parle pas de boycott. C’est plutôt un ballon d’essai pour voir si cette annonce satisfait le milieu associatif, qui s’était insurgé de voir comment la Russie prépare ces Jeux Olympiques. Cette annonce a l’avantage de ne pas brusquer ou faire froncer les sourcils de Monsieur Poutine. »

Fourneyron, seule représentante ?

Même si la politique n’a officiellement pas sa place dans le monde olympique, elle s’est aujourd’hui largement invitée. Observateur et conseiller en matière olympique, Armand de Rendinger explique comment François Hollande devrait s’en servir. « Dans la mesure où on considère que la politique s’est invitée, autant être présent et utiliser l’instrument pour exprimer ses valeurs face-à-face, dans le pays dans lequel on se trouve, justifie-t-il. Les Etats qui sont invités parce que leurs athlètes s’y trouvent doivent être représentés par leurs dignitaires les plus importantes. Que ce soit le président ou le Premier ministre. » Alors que la France réfléchit à une candidature pour les Jeux de 2024, la présence du Président en Russie serait d’ailleurs un plus, à en croire Armand de Rendinger.

Du côté de l’Elysée, on assure qu’aucune décision n’a été prise par le Président. Seule certitude, l’Etat français sera bel et bien représenté. Sans doute par la ministre des Sports, Valérie Fourneyron. Comme à Vancouver il y a quatre ans avec Roselyne Bachelot. Ils ne sont finalement pas nombreux à s’être pour le moment officiellement élevés contre ces Jeux. Joachim Gauck, le président allemand, a protesté « contre les violations des droits de l’homme en Russie ». La vice-présidente de la Commission européenne, Viviane Reding, avait, elle, annoncé sur son compte Twitter sa volonté de ne pas se rendre à Sotchi « tant que les minorités seront traitées comme elles le sont par la législation russe actuelle ».

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Pierrick Taisne