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Joubert : « C’est osé de la part d’Amodio »

Brian Joubert

Brian Joubert - -

Respectivement 8e et 13e aux championnats d’Europe de Budapest, Brian Joubert et Florent Amodio laissent éclater au grand jour les tensions qui existent au sein de l’équipe de France de patinage artistique. Au tour du Poitevin de se livrer.

Brian Joubert, savez-vous où vous allez vous préparer avant les Jeux Olympiques ?

Non. Je dois en discuter avec ma mère, Véronique (Guyon, son entraîneur, ndlr), Didier (Gailhaguet, le président de la Fédération) et Nikolay (Morozov, son chorégraphe). Il y a plein de choses qu’il faut voir. Déjà, par équipes aux JO, je ne sais pas si je fais le programme court ou le programme libre. Et même si je travaille bien avec Nikolay, j’ai du mal à rester à Moscou. Si c’est pour bien travailler mais être flingué mentalement au final… Il y a forcément une solution à ce petit problème.

Si vous étiez accompagné à Moscou, ce serait plus facile ?

Non, même pas. Il m’a déjà proposé que ma mère, ma copine, viennent… Ça ne change pas grand-chose. Ça ferait une personne avec qui je pourrais parler. Mais le fait d’être loin, ça m’a toujours posé problème.

Florent Amodio dit qu'il ne sent pas à l'aise en équipe de France...

J’ai davantage la sensation que moi, je ne suis pas à ma place dans cette équipe de France. J’ai 29 ans. Je ne suis pas du tout de la même génération. Tous les patineurs qui sont en ce moment en équipe de France ont grandi ensemble. Ils se connaissent depuis longtemps. Moi, je me sens bien avec Nathalie (Péchalat) et Fabian (Bourzat). Mais après, et surtout depuis que j’ai quitté Bercy (où s’entraîne Amodio, ndlr), j’ai vu un gros changement dans leur comportement. Sincèrement, j’avais l’impression d’être un pestiféré. Mais je ne me prends pas la tête avec ça. Je suis en fin de carrière, j’ai d’autres choses à penser.

Comment jugez-vous ses propos ?

Je trouve que c’est un petit peu osé de sa part de dire ça. Au gala de Courchevel, où il a fait un rappel, il a convié tous les membres de l’équipe de France sauf Nathalie, Fabian, Pernelle (Carron), Lloyd (Jones) et moi. Il n’a convié que les patineurs de Bercy. Ça, on s’en souvient.

Votre rivalité ne tire ni l'un, ni l'autre vers le haut...

Je ne sais pas. En début de saison, il était avec Nikolay Morozov. J’ai demandé à travailler avec Nikolay, qui a refusé par respect pour Florent. Je l’ai accepté. Si lui, il n’accepte pas le fait que je travaille avec Nikolay, si ça le perturbe… Je pense que ce n’est pas ça, le problème. Il faut qu’il cherche au bon endroit. Il ne faut pas qu’il se disperse avec des petits détails comme ça. Je suis franchement désolé pour lui après ce qu’il a fait hier (samedi). Moi, j’ai fait des contre-performances, mais je n’ai jamais patiné comme ça. C’est à lui de rebondir. Il en est capable. Il est encore jeune. Il a de l’énergie.

Cette tension gâche-t-elle votre sortie ?

Il n’y a pas vraiment de tension... J’ai le souvenir qu’à l’époque, quand on faisait les championnats d’Europe et du monde, chacun allait voir les autres patineurs pour les supporter, pour les aider. C’est là qu’on a obtenu les meilleurs résultats. Je trouve qu’il n’y a pas d’esprit « équipe de France ». Ça se ressent. Ça m’inquiète pour les Jeux par équipes. C’est basé sur des exploits individuels. Je trouve qu’on va dans la mauvaise direction. Moi, j’ai bientôt fini. Mais pour l’avenir du patinage français, ça m’inquiète légèrement.

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Propos recueillis par Julien Richard à Budapest