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Joubert en mode gladiateur

Brian Joubert

Brian Joubert - -

C’est un Brian Joubert déterminé mais sans repères, qui abordera ce jeudi le programme court des championnats d’Europe de patinage artistique en Croatie, après une fin d’année 2012 mouvementée qui l'a vu changer à la fois d'entraineur et de programme libre.

« Il y a eu beaucoup de péripéties, on va dire ». Une façon comme une autre pour Brian Joubert de balayer en quelques mots une année 2012 conclue à coups de rebondissements, de déménagements et de décisions lourdes de conséquences. Comme celle il y a un peu plus de deux mois, après sa 4e place au Trophée Bompard, rassurante pourtant compte-tenu de son niveau de préparation à l’époque, de se séparer d’Annick Dumont, qu’il avait rejoint sur la patinoire de Champigny en début de saison, tout en logeant à l’INSEP. « C’est un très bon établissement, je me sens bien là-bas, explique Joubert. C’était simplement les conditions d’entraînement à Champigny. Je ne vais pas rentrer dans les détails mais ça ne me convenait pas. Je pensais que j’allais trouver une stabilité, ce qui n’a pas été le cas. Je savais que l'année allait être difficile avec la patinoire de Poitiers qui ferme pour rénovation, le fait de changer… Mais je ne pensais pas que ça allait être aussi dur. »

Du coup, changement de programme. Et de lieu. La-Roche-sur-Yon accueille le champion du monde 2007. Seul, sans entraîneur. « C'était pas mal dans le sens où j'ai pu prendre du recul, raconte le Poitevin. Ça m'a fait du bien mentalement, mais techniquement non. J'ai besoin d'un entraineur pour me stimuler, pour me motiver et m'aider à repousser mes limites. Donc j'ai pris du retard. » Un boulet d’autant plus conséquent que Joubert décide aussi de changer de programme libre. Out la musique du film Inception – « un beau programme mais trop dur, je le saccageais » - place à la bande originale de Gladiator. « Elle me convient mieux, elle colle mieux à ma personnalité de guerrier, poursuit le patineur tricolore. Je me sens bien dans ce programme. C’est plus naturel. »

Une épée encore mal affûtée

Un programme que le triple champion d’Europe (2004, 2007, 2009) présentera pour la première fois en compétition, à Zagreb. « J'ai hâte de voir ce que ça donne, de voir où j’en suis et c'est un peu ça aussi l'objectif de ces championnats d'Europe. » Des « Europe » que Joubert, qui n’a pas souhaité faire l’impasse, n’aborde pas dans des conditions optimum. Rentré à Paris il y a dix jours seulement, il collabore désormais avec Katia Krief, cadre technique du pôle France de l’Insep et s’entraîne à Bercy.

Avec une préparation aussi aléatoire et un programme libre tout neuf, c’est un gladiateur avec une épée encore mal affûtée qui patinera sur la glace de Zagreb. Pas grave, car Joubert voit plus loin que la Croatie. « J'ai quand même des cartes à jouer sur les championnats du monde (à London au Canada, du 10 au 17 mars). Si ça se passe bien tant mieux, si ça se passe mal, ça me foutra une claque comme l'an passé où ça m'avait aidé à réagir et à me booster pour les Mondiaux de Nice. Je ne parle pas de score technique, de médaille, de résultat quelconque. C'est vraiment l'inconnue. » Une inconnue qu’il aborde le mors entre les dents. « Je rentrerai sur la piste en me battant ». Promesse d’un gladiateur.