RMC Sport

La « french connection » des X-Games

Kevin Rolland

Kevin Rolland - -

En l’absence de la star du snowboard, Shaun White, le ski SuperPipe est la grande attraction des X-Games de Tignes. L’occasion pour trois Français du « French Freeski Project », team privé, de faire le show devant leur public. Et de rallier un peu plus de monde à leur cause…

Dans un pipe, ils n’ont aucune pitié l’un pour l’autre. Mais en dehors, ils sont potes depuis toujours. Voici l’histoire de Kevin Rolland, Thomas Krief, Xavier Bertoni et Benoît Valentin. Un groupe d’amis tous aussi dingues que talentueux qui forment à eux quatre une même équipe : le « French Freeski Project ». « Depuis qu’on est gamin, on skie ensemble avec le même entraîneur, raconte Kevin Rolland. On était les meilleurs et en plus on était potes, il fallait donc créer un groupe et essayer de faire notre propre structure car la Fédération ne nous aidait pas vraiment au départ. On a aussi eu la chance de gagner notre vie grâce à nos sponsors. On peut donc mettre la main au porte-monnaie. Ça marche plutôt pas mal et en plus, on est indépendant. »

A la tête d’une équipe, on retrouve toujours un chef. Celui du French Freeski Project se nomme Greg Guenet. Ancien membre de l'équipe de France de ski acrobatique, « Greg » est à l’origine du projet, qui a vu naissance en 2006. A l’époque, il est en charge du groupe France de ski freestyle et forme la relève, dont Kevin Rolland et Xavier Bertoni. Mais la Fédération décide du jour au lendemain d’arrêter de subventionner le groupe. Du coup, une nouvelle structure voit le jour : French Freeski Project. Rapidement rejoint par deux jeunes aux dents longues, Thomas Krief et Benoît Valentin, ce groupe de potes vit, s’entraîne et voyage toute l’année ensemble.

Rolland : « C’est comme une petite famille »

« Toute l’année on peut prendre nos propres décisions sportivement parlant, explique Greg Guenet. Au dernier moment, on peut aller faire telle chose ou telle chose à l’autre bout du monde, on choisit les compétitions sur lesquels on veut aller courir. C’est une liberté qui n’a pas de prix et qui nous permet d’avancer comme on a envie de le faire. Rebelle jusqu’au portefeuille. On a toujours fait sans la Fédération, donc ça continue. » Les quatre élèves du Team font rapidement leurs preuves sur les grands rendez-vous internationaux. A commencer par le bijou Kevin Rolland.

Le Plagnard remporte tour à tour la Coupe du monde (2009), les Championnats du monde (2009) et surtout quatre X-Games (2010 et 2011). « Mitch » possède encore aujourd’hui le plus beau palmarès dans son sport. « On se pousse tous vers le haut car on est potes, témoigne Rolland. Quand il y en a un qui va bien, on est content. Quand il y en a un qui va mal, on essaye de le pousser pour que ça aille bien. On s’entraide et on met en commun nos moyens. C’est comme une petite famille. »

Aide financière d’un millionnaire brésilien

Une belle histoire de copains qui croise une autre belle histoire, celle d’un mécène millionnaire brésilien, Marco Lemanski, qui se prend d’affection pour le groupe de Guenet. « A la base, il venait chaque année en vacances à La Plagne depuis une trentaine d’années, raconte Greg Guenet. Il y a vu grandir le petit Ben Valentin et l’a vu franchir les étapes avant d’accéder au sport de haut niveau. Quand il est devenu pro, il lui a proposé son aide financière. Comme Ben faisait partie du Team, j’ai pu rencontrer Marco, qui aide aujourd’hui l’équipe. Il prend une partie de mes frais en charge, soulageant ainsi les skieurs. »

Et cela fait du bien quand on sait que la Fédération Française de Ski ne donne que 3 500 € par skieur pour l’année, soit 5% du budget total (35 000 euros par an par athlète). En l’absence de Shaun White, le Ski SuperPipe est la grande attraction du public de Tignes, qui accueille pour la quatrième année consécutive les Winter X Games Europe. Si Ben Valentin est forfait pour la compétition, Kevin Rolland, Thomas Krief et Xavier Bertoni sont bien décidés à faire leur show dès ce jeudi soir lors des qualifications… histoire de rallier un peu plus de monde à leur sport !

Alexandre Mispelon avec Edward Jay à Tignes