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La Russie expulse les Français

Nathalie Péchalat et Fabian Bourzat

Nathalie Péchalat et Fabian Bourzat - -

Nathalie Péchalat et Fabian Bourzat, 4es samedi des championnats du monde, s’envoleront pour les Etats-Unis et Detroit dans quelques jours. Le protectionnisme décidé par la Russie en vue des JO 2014 les pousse à quitter leur entraîneur actuel. Florent Amodio pourrait lui aussi être amené à cesser sa collaboration avec son coach russe.

Une visite officielle, ses précautions d’usage. Il y a quelques mois, quand Vladimir Poutine, l’ancien président russe et actuel Premier ministre, s’est rendu au centre national d’entraînement de Novogorsk, les patineurs étrangers ont été priés de rester dans leurs chambres. Toute la journée. Pour ne pas jeter une ombre sur le protectionnisme sportif décidé par la Fédération russe, à moins de trois ans des Jeux Olympiques de Sotchi.

Une politique qui pousse les Français à l’exil. Nathalie Péchalat et Fabian Bourzat, 4es des Mondiaux samedi à Moscou et qui s’entraînaient depuis trois ans dans la capitale russe, s’envoleront dans quelques jours pour Detroit, aux Etats-Unis. « Je comprends qu’ils veuillent des médailles pour leurs athlètes, explique Fabian Bourzat, tout en partageant la déception de sa partenaire. Que des Français gagnent à la place des Russes, même s’ils sont entraînés par des Russes, je conçois que ça ne leur plaise pas énormément. »

Péchalat : « On est un peu des tortues »

Florent Amodio pourrait se retrouver bientôt dans la même situation. Ces derniers mois, son entraîneur russe Nikolaï Morozov, avec lequel il a une relation très forte, n’a pas pu lui accorder toute son attention. Malgré les pressions, il garantit qu’il continuera à diriger le champion d’Europe, seulement 7e des Mondiaux. Mais face à ces difficultés, la Fédération française aimerait que Florent Amodio quitte la Russie pour progresser, surtout sur le quadruple saut, dans un contexte plus serein.

« Si Annecy venait à gagner pour les JO 2018, qui dit que nous ne ferions pas la même chose ? » explique Didier Gailhaguet, son président. D’ici là, les patineurs français continueront à voyager, à la recherche de l’excellence. « On est un peu des tortues, avec notre maison sur le dos » sourit Nathalie Péchalat. Fabian Bourzat, lui, garde espoir. « Il parait qu’à la fin, c’est la tortue qui gagne » répond-il. Rien ne sert de courir, il faudra arriver à temps. En février 2014.

LP avec JR à Moscou