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Lamy-Chappuis : « Après Sotchi, un petit point d’interrogation »

Jason Lamy-Chappuis

Jason Lamy-Chappuis - -

EXCLU RMC SPORT. Vainqueur de l’ultime épreuve samedi à Oslo (Norvège), Jason Lamy-Chappuis se félicite de sa saison et de ses quatre médailles mondiales, dont trois en or. Il ne cache pas son hésitation concernant son avenir après 2014.

Jason, vous avez bouclé votre saison en beauté avec une belle victoire à Oslo

C’était super de terminer par une victoire et de terminer la saison sur une bonne note. C’est bien pour la confiance l’année prochaine. C’était beau car on a fait un sprint avec Eric Frenzel, mon plus gros concurrent cette année. J’ai gagné ce sprint final, donc c’est super. Je pense que Frenzel sera mon principal rival l’année prochaine. Sur les huit dernières épreuves de Coupe du monde, il fait six victoires et deux deuxièmes places. Il est bon sur le saut, mais aussi sur les skis. Il était vraiment costaud et était inarrêtable sur cette fin de saison. Et l’année prochaine, ça sera un des gros concurrents à battre.

Quel bilan tirez-vous de votre saison ?

C’est encore une super belle saison. J’avais dit au début de l’hiver que l’objectif était les championnats du monde à Val Di Fiemme en février. Et sur quatre courses, je décroche trois titres et une médaille de bronze. Donc, je ne peux qu’être super content. En Coupe du monde, c’était un peu plus difficile cette année (2e du général derrière Frenzel), mais c’est quand même une très belle saison. Le moment où j’ai eu le plus d’émotions et le plus de bons souvenirs, c’est la médaille mondiale par équipes, avec mes trois coéquipiers. Ce sont des émotions multipliées par quatre.

Quel est le secret de la Franche-Comté, un superbe vivier pour le combiné nordique français ?

La Franche-Comté est vraiment la Mecque du ski nordique. Quand tu habites dans les Alpes, tu es plutôt orienté vers le ski alpin car il y a beaucoup de remontées mécaniques. Chez nous, il n’y a pas beaucoup de dénivelé et c’est parfait pour faire du ski nordique. Quand je sors de chez moi, je peux chausser les skis de fond 50 mètres après. C’est possible d’aller chercher son pain avec les skis (rires). Il fait plutôt froid dans notre région, il y a souvent de la neige, on est à 1 000 mètres d’altitude. Pour le saut à ski, il faut habiter proche des tremplins. Moi, j’habite à 10 kilomètres des Rousses, où j’ai commencé mes premiers sauts. Il y a des stades un peu partout dans le Doubs et le Jura. On a plus de sauteurs chez nous qu’ailleurs. Mais il y a également des beaux stades de tremplins en Savoie, en Haute-Savoie, dans les Vosges et dans l’Isère.

Que pensez-vous de la passion du public français pour le combiné ?

Il y a vraiment une belle ferveur populaire. Les gens aiment le ski nordique et le montrent sur le bord de la piste. Les autres nations disent souvent que Chaux-Neuve est un peu l’Alpe d’Huez du ski nordique car la piste est assez courte et qu’il y a du monde un peu partout. C’est assez sympa ! Il faut se dire aussi qu’à Chaux-Neuve, il n’y a que 200 habitants et il peut y avoir 12 000 personnes sur un week-end.

Vous intéressez-vous à d

Le vélo, j’en fais un peu pour les entraînements. L’été, je fais à peu près 3 000 kilomètres. Le ski de fond et le cyclisme sont des sports où il faut travailler la caisse. J’ai aussi fait du football dans mon club, jusqu’en moins de 16 ans. J’essaye de toucher un peu à tout, avec un peu de ski alpin. 

« Je me vois bien pilote »

Quel est votre programme désormais ?

On a encore les championnats de France et le tournoi des Douanes. Après, il faut couper et passer à autre chose. Il faut penser à autre chose que le ski. Après, on va repartir à l’entraînement au mois de juin et on pensera à cette belle saison olympique qui nous attend. On pensera aux JO pendant chaque entraînement jusqu’en février 2014.

L

On va tout faire pour. Les Jeux Olympiques, c’est quelque chose d’exceptionnel. On aura des sensations et des émotions inoubliables. On va essayer de faire de notre mieux. J’ai encore envie de goûter à cette victoire.

On vous compare souvent à Martin Fourcade pour vos capacités sur les skis

Sur une piste de ski de fond, ça serait difficile pour moi. Nous, on a quand même la partie saut à travailler. Avec ce qu’il met en ce moment aux autres en biathlon, il serait imbattable. Par contre, il faudrait le mettre en haut du tremplin (rires). Avec Martin, on se connait assez bien. Il a étudié pas mal de temps dans le Jura. On se côtoie et on fait quelques entraînements ensemble. C’est vraiment un bon gars et il tire le biathlon vers le haut. C’est vraiment bien pour toute l’équipe de France en général.

L

J’ai un petit point d’interrogation, mais avec les championnats du monde que l’on vient de faire, on aura des titres à défendre aux Mondiaux 2015 en Suède. J’ai bien envie de les faire, mais on verra bien. J’aimerais bien me reconvertir dans l’aviation. J’ai commencé à passer mes brevets de pilote privé et maintenant, mes brevets de pilote professionnel. Je me vois bien là-dedans. A côté, je peux devenir entraineur-bénévole.

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