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Lizeroux et son « rêve de gamin »

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Le week-end s’annonce explosif pour le skieur français, vainqueur l’an passé en slalom devant Jean-Baptiste Grange. Samedi, c’est la mythique piste de la Streif qui lui donne rendez-vous…

L’alchimie est connue. Mais elle est toujours aussi difficile à obtenir. Sortir du Mausefalle. Ne pas avoir les genoux qui explosent à la réception du saut. Ne pas trembler, ne pas avoir peur, et arriver sur les deux skis quelques trois kilomètres plus bas. La Streif de Kitzbühel : c’est le genre de mission kamikaze qu’on peut difficilement refuser quand on est fondu de vitesse comme Julien Lizeroux. Le Savoyard va relever le défi du monstre du ski mondial samedi. Pour la première fois de sa carrière, il va se frotter à la descente. « Je ne l’ai jamais faite. C’est la plus difficile. Il faut imaginer qu’on passe de zéro à 100 kilomètres heure en quatre secondes. On fait un saut de 50 mètres sur de la neige arrosée qui devient de la glace et oui c’est assez impressionnant », avoue le Français. Aucune chance pourtant qu’il rejoigne Jean-Claude Killy et Luc Alphand au rang des vainqueurs tricolores sur la descente.

Jouer avec le feu

Il s’est classé 53e du dernier entraînement et on sait que Lizeroux excelle dans les disciplines techniques. S’il y participe, c’est parce qu’il a besoin de points pour le classement de la Coupe du Monde de super-combiné (épreuve qui regroupe descente et slalom). Une épreuve dont il est vice-champion du monde. Cette descente lui servira de tour de chauffe avant le slalom de dimanche dont il est vainqueur en titre. L’an passé, après une deuxième manche stratosphérique, il avait ciselé son premier succès en slalom de Coupe du Monde, juste devant son compatriote Jean-Baptiste Grange. Jour béni pour le ski français et le début de l’ascension de Lizeroux qui est maintenant l’un des favoris au titre olympique. A vouloir s’attaquer à la Streif, qui plus est quand on est novice sur cet appareil de torture, c’est jouer avec le feu. Au risque de se blesser avant les Jeux : « Je ne le vois pas comme un risque. On a l’habitude des risques. Si je dois la reporter parce qu’il y a des Mondiaux ou des JO, je ne la ferai jamais. Je ne mise pas toute ma saison sur les JO, la descente de Kitzbühel : c’est un rêve de gamin. » Les Jeux aussi et ce serait dommage de devoir tout abandonner pour un brin de folie.

Morgan Maury (RMC Sport)