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Lizeroux : « Le plaisir comme moteur »

Vainqueur à Kranjska gora, un mois après Kitzbühel, le skieur français voit dix années de travail récompensées en 2009.

Vainqueur à Kranjska gora, un mois après Kitzbühel, le skieur français voit dix années de travail récompensées en 2009. - -

Irrésistible depuis son succès à Kitzbühel, Julien Lizeroux a récidivé dimanche à Kranjska Gora. Une réussite qu’il explique par le plaisir pris sur les skis.

Julien Lizeroux, comment expliquez-vous ce qui vous arrive en ce moment ?
C’est assez incroyable mais ce qui fait la différence dans une discipline un peu guerrière comme le slalom, c’est l’état d’esprit. Je n’ai rien lâché même si je ne pensais pas être aussi rapide dans la deuxième manche, durant laquelle j’ai commis beaucoup de fautes. L’important est d’aller vite et je crois que c’était le cas (sourire).

Notamment sur la fin du parcours, où vous mettez tout le monde d’accord…
Oui, j’ai fait de grosses fautes sur les premiers mouvements de terrain. Je n’arrêtais pas de sauter parce que j’avais beaucoup d’envie. Et puis en bas, je me suis dit que je n’avais plus grand-chose à perdre. Il fallait que je tende les lignes en étant très précis au piquet. Et j’ai réussi à faire la différence.

Par rapport au globe de cristal, cela vous donne-t-il des regrets de briller à ce stade de la saison ?
Non, je n’ai aucun regret. Cela ne sert à rien de se poser des questions sur des choses qui n’arrivent pas. Je fonctionne course en course, en fonction des conditions. Je me doutais que je ne serais pas forcément performant en début de saison parce que je n’étais pas en forme physiquement. J’ai fait des gros mois de janvier et février, sur lesquels je m’appuie aujourd’hui. Mon moteur est le plaisir que je prends sur les skis.

Jean-Baptiste Grange vit-il l’inverse en ce moment ?
C’est difficile avec la fatigue accumulée. Les courses se sont enchaînées depuis le début de l’année. Mais il ne faut pas oublier que, même s’il n’a pas de résultats, est toujours présent. Il fait de bons temps intermédiaires, est toujours dans le coup. Il faut qu’il s’appuie là-dessus et se concentre sur ce qu’il aura à faire aux finales d’Äre. On va tout mettre en œuvre et se serrer les coudes pour qu’il ramène ce petit globe. Mon job pour l’aider est de ramener des gros points, comme aujourd’hui. Même si c’est à lui d’aller le chercher.

La victoire il y a un mois à Kitzbühel a-t-elle été un déclic ?
Non parce que cela voudrait dire que quelque chose a changé, or ce n’est pas le cas. Tout ce que j’ai mis en place depuis dix ans paye parce que j’ai plus d’expérience et de maturité. La confiance fait toute la différence sur les skis. Mon matériel est hyper performant et je suis bien physiquement. Il faut en profiter sans trop se poser de questions mais aussi savoir tourner la page pour continuer à aller de l’avant.

La rédaction