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Mattel : « J’ai envie de tout casser »

Coline Mattel

Coline Mattel - -

A seulement 15 ans, la sauteuse des Contamines-Montjoie est actuellement 2e du classement de la Coupe continentale de saut à skis. Championne du monde junior le mois dernier, elle nourrit de sérieuses ambitions ce vendredi, lors des mondiaux de ski nordique à Oslo.

Coline Mattel, comment abordez-vous ces championnats du monde ?

Je ne sais pas vraiment. Au fond de moi j’ai envie d’y aller et de tout casser. Mais j’ai surtout envie d’être au maximum de mes capacités, faire mes deux sauts et ne rien regretter. Si les résultats sont là, un podium voire la médaille d’or c’est le must. Si je décroche l’or cela serait l’un des plus beaux jours de ma vie.

Votre image de prodige du saut à skis vous convient-elle ?

J’ai peut-être un truc en plus qui fait que j’en suis là aujourd’hui. Mais je travaille beaucoup pour cela, c’est avant tout de l’entraînement et de la détermination. Je suis persévérante et perfectionniste. C’est ce qui fait ma force. J’ai tout le temps envie de recommencer pour mieux faire.

Quand avez-vous commencé à sauter à skis ?

J’avais sept ans et demi, je faisais du ski alpin et notre entraîneur nous a emmenés sur un petit tremplin de trente mètres pour essayer une nouvelle discipline et cela m’a bien plu malgré une chute à mon premier saut. L’hiver suivant je me suis inscrite au club de saut, j’ai eu mes skis, ma combinaison. Et à partir de là, je me suis donnée à fond. Dès que je voyais le sautoir allumé, je tannais mes parents pour y aller. J’ai peu à peu arrêté le ski alpin puis le ski de fond pour me consacrer essentiellement au saut.

« Le saut c’est ma drogue »

Cela a-t-il été compliqué de convaincre vos parents de faire du saut à skis ?

Je ne leur ai pas vraiment laissé le choix (rires). Mes parents ont vu que ça me plaisait. Ma mère appréhendait mais mes parents m’ont toujours soutenu malgré leur peur. Ils m’ont d’ailleurs poussé à choisir le saut à skis et je les en remercie. Quand je saute j’ai un vrai sentiment de liberté, je suis dans mon élément. C’est ma drogue.

Quelle relation entretenez-vous avec vos aînées ?

Quand j’étais un peu plus jeune et moins mature, nous avons eu quelques accrochages. Lorsque j’ai pris part à mes premières grosses compétitions j’étais un peu mal à l’aise. Elles me regardaient de haut. Aujourd’hui cela ne fait plus grande différence. Je pense que les autres filles m’acceptent ainsi. Il n’y a pas de problème d’âge, je m’entends assez bien avec elles.

Propos recueillis par Jérôme Sillon, à Oslo