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Mattel, la vie en accéléré

Coline Mattel

Coline Mattel - -

A 15 ans seulement, la jeune Française a décroché vendredi la médaille de bronze du saut à skis aux championnats du monde d’Oslo. La petite surdouée de la discipline n’en finit plus de griller les étapes.

Tous diront qu’ils ne sont pas superstitieux. Que leurs porte-bonheurs n’en sont pas vraiment. Mais presque tous ont une histoire de gri-gri qui se glisse au milieu des chroniques de leurs exploits. A Oslo, vendredi, la petite Française Coline Mattel, 15 ans, a changé de combinaison entre ses deux sauts depuis le tremplin des championnats du monde. « Elle a remis celle avec laquelle elle a gagné pas mal de compétitions », explique son entraîneur Jacques Gaillard. Cinquième de la première manche, la surdouée de Contamines-Montjoie (Haute-Savoie) a réussi à monter sur la troisième marche du podium après un excellent second saut, à 97 mètres.

Une nouvelle étape sur son itinéraire d’une enfant gâtée. A sept ans, elle se lançait pour la première fois d’un tremplin de saut à skis. A 11 ans, elle devenait la plus jeune participante à une épreuve de Coupe continentale, l’équivalent de la Coupe du monde chez les garçons. A 13 ans, elle était cinquième de ses premiers Mondiaux, en République tchèque. La puce d’1m62 a continué de grandir à toute vitesse en s’imposant à six reprises cette saison sur le circuit continental et en occupant la deuxième place du classement général.

Quand elle ne saute pas, Coline Mattel brille aussi. Lycéenne, elle a un an d’avance sur ses camarades de 1e S. Déjà candidate à la victoire à Oslo, elle n’a pas craqué sous la pression. « Parfois, moi le premier, on a un peu tendance à oublier qu’elle est très jeune » reconnait son entraîneur. « J’aurais sûrement pu faire mieux, confie-t-elle. Mais je suis troisième. Je ne vais pas en demander plus. C’est énorme. » Sur le podium, elle a surtout pensé « à ne pas tomber ». Une confession faite dans un grand éclat de rire devant la presse, alors que ses yeux étaient remplis de larmes. De joie, bien sûr. « Elle le mérite vraiment, estime Jacques Gaillard, qui en a pleuré lui aussi. C’est une fille géniale. » Dont le plus grand rêve est que le CIO valide le saut à skis féminin pour les JO de Sotchi en 2014. Elle serait à peine majeure…

Laurent Picat avec JS à Oslo