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Ophélie David, la malédiction olympique

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Alors que la médaille de bronze de skicross lui tendait les bras, Ophélie David a chuté en finale. Un destin olympique cruel pour celle qui a tout gagné en skicross. Et qui, déjà en 2010 à Vancouver, avait connu la désillusion.

Ophélie David est bel et bien maudite. Seulement 9e il y a quatre ans à Vancouver alors qu’elle était favorite, la reine du skicross a cette fois-ci chuté en finale alors que la médaille de bronze s’offrait à elle. Deux tentatives, deux échecs. Si injustes et cruels, au regard de son colossal palmarès, déjà garni d’un titre mondial (2007), 3 Gros globes de cristal, 7 titres de vainqueur de la Coupe du monde de skicross, 4 bouquets aux X Games ou encore 25 manches de Coupe du monde.

Dans son armoire à trophées, une place pour cette médaille olympique lui avait même d’ores et déjà été réservée, tant cela relevait de la logique sportive. Mais ce foutu destin et cette glorieuse incertitude du sport se sont mis en travers de sa route, ce vendredi sur le tracé du Park Extrême de Rosa Khutor. Un coup de pression de la Suédoise Holmlund, un saut mal réceptionné, et un gadin qui tombe au plus mal. Au pire des moments, même. Et le rêve olympique de s’envoler.

Bjoerndalen, l'exemple à suivre ?

« Je suis complètement abattue, a-t-elle confié après de longues secondes de réflexion. Je me raccroche à une chose : l’aventure qui m’a amenée ici, très riche, avec des moments très forts. Je n’arrive pas à croire ce qui s’est passé. Je suis complètement déçue. Tout était sur les rails. Alors, je me dis que ça ne devait pas être mon destin d’avoir une médaille olympique, c’est pas grave… Je suis comme Luc Alphand, la médaille olympique ne veut pas venir autour de mon cou. Je ne sais pas ce qui s’est passé, c’est allé trop vite. Je me suis ratée, c’est dur. Je n’y crois pas encore, je ne réalise pas. J’ai mal partout. Mais malgré tout, quelle chance de vivre des moments comme ça, des aventures humaines surpuissantes comme cela. »

A 37 ans, Ophélie David ne devrait donc jamais porter autour du cou ce métal au goût si spécial, qui manque à sa collection. Dans quatre ans à Pyeongchang, la « mamy » de la délégation française aura en effet 41 ans. Elle a annoncé vouloir prendre sa retraite. Mais on ne sait jamais, car Ole-Einar Bjoerndalen est là pour prouver que le virus du sport et de la compétition est parfois plus fort que tout. Et qu’on peut être quadra, bien portant et encore faire la nique aux petits jeunes sur le devant de la scène olympique.

G.Mathieu à Sotchi