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Saguez : « Il nous faut plus de polyvalence »

Le DTN fondait de grands espoirs en Adrien Théaux...

Le DTN fondait de grands espoirs en Adrien Théaux... - -

Encore privé de médaille après les épreuves de vitesse, le camp tricolore fait la grimace. Avant les courses techniques cette semaine, Fabien Saguez, le directeur technique national, tire les premiers enseignements de ces Mondiaux de Garmisch-Partenkirchen.

Fabien Saguez, quel bilan tirez-vous après les épreuves de vitesse de ces championnats du monde ?

Il est décevant. Certains ne sont pas dans le rythme, mais d’autres l’étaient. On est surtout très frustré de l’abandon d’Adrien Théaux samedi. Avec lui, on avait un vrai outsider sur la descente. Il était dans le coup. C’était notre réelle chance de médaille cette semaine. La première semaine n’est pas à notre avantage, mais il reste cinq épreuves dans lesquelles on va jouer le rôle d’outsider, voire de favori pour certains.

Au-delà des mauvais résultats, on n’a l’impression que les skieuses françaises n’ont pas réussi à se lâcher…

C’est vrai. Tout le monde se remet en question, moi le premier. Lorsqu’on n’est pas en confiance sur une piste comme celle-là, c’est très difficile. On est hyper déçu à la fois sur la manière et aussi techniquement, car on sent qu’il nous manque quelque chose.

« On a la pression, mais on aime ça »

Faut-il tout remettre en cause ?

Non. Il va falloir accompagner les filles, reconstruire pour la suite. Il n’y aura pas de gros événements l’année prochaine. C’est peut-être une chance. On aura une vraie année de Coupe du monde pour combler nos carences et s’organiser d’une manière différente. 

Qu’est-ce qui manque aux skieuses françaises ?

Nous avons quatre pures athlètes qui font de la vitesse durant tout l’hiver. Elles sont parmi les quinze premières mais aucune n’est sur la ‘‘boîte’’. Il faut plus de polyvalence. Pour cela, il nous faut élever notre niveau technique. Il faut des athlètes qui soient aux affaires en slalom géant. Il n’est pas question de gagner des Coupes du monde. Des filles sont capables de gagner dans toutes les disciplines, mais pas chez nous. Mais on doit jouer les ‘‘qualifs’’ en géant et améliorer notre niveau en slalom. Ces bases techniques nous manquent aujourd’hui. Ça entame la confiance.

Les épreuves techniques débutent cette semaine. La pression sera encore plus forte sur les épaules des Français…

On a la pression, mais on aime ça. Le rang mondial de certains athlètes pour cette deuxième semaine leur garantit d’être parmi les favoris ou les outsiders. Il ne faudra pas faire de faute car la concurrence est extrêmement dure dans les épreuves techniques.

Recueilli par Jérôme Sillon à Garmisch