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Adelboden, La Mecque du géant

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Dans les Alpes bernoises, Ted Ligaty, vainqueur des trois premiers Géant de la saison, et ses adversaires seront accueillis avec tous les honneurs dus à leur rang. La petite station suisse est en effet le temple de la spécialité.

Adelboden, petite station de ski de 3 600 habitants des Alpes bernoises, va devenir comme chaque année le centre du monde du ski l'espace d'un week-end. Depuis le premier géant de Coupe du monde organisé ici en 1967, Adelboden est devenu mythique pour sa piste de géant du Chuenisbärgli. « C'est l'une des plus pistes les plus exigeantes du circuit, admet Cyprien Richard, géantiste français, 2e à Alta Badia. Il n'y a pas deux virages qui se ressemblent. Il faut s'adapter en permanence aux mouvements de terrain. »

« Et puis on a l'impression de skier le long d'un couloir étroit avec de chaque côté le public qu'on entend du haut jusqu'en bas, savoure le Suisse Didier Defago. Ça fait penser aux arrivées du Tour de France au sommet d'un col. » « Je pense que c'est grâce à la tradition qu'Adelboden est si réputée pour son géant, poursuit Peter Willen, président du Comité d'organisation. Demain, ce sera la 55e course disputée ici. Pour les techniciens, Adelboden est l'équivalent du Lauberhorn de Wengen ou de la Streif de Kitzbuhel en vitesse. Celui qui gagne le géant d'Adelboden est le roi. »

Entre bottes de paille et bouses de vache

Outre le volet sportif, l’ambiance sur cette course est unique. A Adelboden, ça sent bon la bouse et la paille des bottes qui servent à nourrir les vaches des fermes situées à seulement quelques mètres de l'arrivée. Ce samedi, les cloches vont résonner fort et des milliers de drapeaux suisses vont être agités. La sono va cracher à plein tube une chanson populaire dont le refrain vante dans le dialecte bernois la beauté de la région («Ganz Oberland ist schön»). « L'ambiance est sympa, parce qu'on n'est pas loin de la France, donc beaucoup de supporters font le déplacement pour soutenir leurs coureurs, souligne David Chastan, responsable du groupe technique de l'équipe de France masculine. Et puis dans un pays de ski. Les gens sont vraiment au bord de la piste. C'est sans doute le géant où il y a le plus de monde. »

Samedi, 30 000 spectateurs sont attendus. En temps normal, il faut compter une heure pour rallier Berne à Adelboden en voiture. Le week-end de la Coupe du monde, le temps de parcours est multiplié par deux ou trois. Un gigantesque bouchon se forme alors de la sortie de l'autoroute jusqu'à la station, soit plus de 25 km d'embouteillage.