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Aubert, la crise de foi

Sandrine Aubert

Sandrine Aubert - -

La skieuse des Deux-Alpes, qui a abandonné ce vendredi dans la seconde manche du slalom d'Arber-Zwiesel, traverse une période difficile juste avant les Mondiaux de Garmisch. « Il n'y a plus de vie dans son ski », avoue Samuel Tissot son compagnon-entraîneur.

Nouvelle désillusion pour Sandrine Aubert ce vendredi lors du slalom d'Arber-Zwiesel (Allemagne), comptant pour la Coupe du monde de ski alpin. Après une première manche ratée (17e temps), la skieuse des Deux-Alpes est partie à la faute lors du second tracé. C'est déjà la troisième fois cette saison qu'elle est éliminée après une sortie de piste. Très déçue, Sandrine Aubert a refusé de s'exprimer auprès des journalistes. Les larmes aux yeux, elle a juste lancé « ne rien avoir à dire. »

Jean-Philippe Vuillet, le directeur des équipes de France féminines, ne cachait pas son impuissance face à la nouvelle contre-performance de sa championne. « Elle seule peut s'en sortir. On peut l'entourer, mais c'est elle qui détient les réponses. » Depuis le début de saison, Aubert, 25 ans, a monté sa structure d'entraînement en marge de l'équipe de France. Pour tenter de franchir un palier. Son élimination aujourd'hui est un coup d'arrêt après un léger mieux lors des slaloms de Zagreb (10e) et Flachau (8e) début janvier.

Samuel Tissot, entraîneur-compagnon d’Aubert, tente de trouver des explications à ce qui ressemble à un blocage psychologique. « Plus ça va, plus tout le monde attend un résultat de sa part, souligne-t-il. Elle la première. Mais à trop vouloir chercher ce résultat, elle en oublie de skier. Il n'y a plus de vie dans son ski. Alors que tout se passe bien à l'entraînement, où elle est souriante et heureuse, elle n'y arrive pas en course. Dès le matin d'une compétition, elle est différente. C'est à la fois la peur de mal faire et de bien faire. Il lui manque du détachement. »

Un miracle à Garmisch ?

A moins que la pression financière qui pèse sur la skieuse ne l’empêche d’exprimer tout son potentiel. C’est en tout cas, l’une des hypothèses avancée par Tissot. « Sandrine est une petite chef d'entreprise. Or financièrement, ça devient compliqué. Aujourd'hui, le problème c'est qu'elle skie pour gagner sa vie, pas par passion. Il faut qu'elle retrouve ça. On va essayer de trouver la solution. Il reste encore des courses. »

Les Mondiaux de Garmisch, l’un de ses grands objectifs de la saison, arrivent néanmoins à grand pas. « Peut-être que, sur une course d'un jour, ça va la libérer, espère Samuel Tissot. Mais on arrivera quand même à Garmisch avec un déficit de confiance. On va tenter de réaliser un miracle là-bas. »

SB avec JS