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Aubert, une thérapie de couple gagnante ?

Sandrine Aubert

Sandrine Aubert - -

Moribonde cette saison en Coupe du monde, la skieuse des Deux-Alpes aborde avec envie le slalom des Mondiaux de Garmisch-Partenkirchen ce samedi (10h). Après avoir fait le point avec Samuel Tissot, son entraîneur et compagnon, elle semble avoir digéré ses échecs.

« Je n’ai rien à dire. » C’est en larmes et effondrée que Sandrine Aubert avait quitté il y a quinze jours l’Allemagne et le slalom d’Arber-Zwiesel, où elle venait de connaître sa troisième élimination de la saison. Deux semaines plus tard, c’est tout sourire que l’on retrouve la skieuse des Deux-Alpes. Souriante et sereine avant le slalom des Mondiaux de Garmisch-Partenkirchen. « Ces derniers mois, j’ai vécu beaucoup de choses en accéléré, confie la belle brune. De la tristesse, du découragement et puis un retour d’envie. Aujourd’hui, j’ai la chance d’avoir quelques courses pour me rattraper et tout envoyer. Je suis plus heureuse qu’avant. Il ne peut pas m’arriver de choses plus graves. »

Recul ou grosse prise de conscience, toujours est-il que Sandrine Aubert semble changée. Les fruits du répit octroyé par son entraîneur et compagnon Samuel Tissot, la semaine dernière à Marseille, peut-être. « Ce n’était pas vraiment des vacances, précise l’intéressé. On s’est entouré de gens compétents pour essayer de remettre les choses dans l’ordre dans la tête de Sandrine et qu’elle retrouve son objectif premier : faire et gagner des courses. »

Tissot : « On a réussi à se dire les choses »

Fondatrice cette saison de sa propre structure d’entraînement, la slalomeuse avait parfois « tendance à mélanger la gestion de sa petite entreprise et le ski ». Sans oublier les difficultés de partager la vie de son entraîneur. Et les soucis possibles de communication qu’une telle situation pouvait engendrer. « Il y a eu gros travail de fait sur nous deux, explique Tissot. On a réussi à se dire les choses. On sent qu’elle a retrouvé une raison d’être ici et de repartir à l’entraînement. »

Sandrine Aubert a tiré un trait sur ses déboires passés. Et compte bien, elle qui a fait l’impasse sur le Super-combiné, se faire plaisir samedi lors du slalom des Mondiaux. « J’ai raté ce qu’il y avait avant. Point barre. Maintenant, je m’y remets. Ces Mondiaux, c’est l’occasion de faire quelque chose, de me bouger. Je ne sais pas si j’ai une chance d’y arriver. Ce qui est sûr, c’est que je vais pousser dix fois plus fort sur les bâtons et je vais me battre à chaque porte. Parce que j’en ai marre de laisser passer ma chance. Si ça marche là, la page se tournera plus vite. »

La résolution est prise. Les termes du contrat bien définis. Reste à l’honorer maintenant. « Est-ce qu’elle sera capable de libérer enfin ce ski... Ça reste une énigme. J’ai toujours été confiant. Je le serais une fois de plus », lâche Samuel Tissot. Avant de conclure : « La saison est difficile pour elle. Mais on n’a pas de regrets. La structure était neuve. Si elle s’en sort, elle n’en sera que plus forte la saison prochaine. » Avec une belle médaille autour du cou, assurément.

Alix Dulac avec Jérôme Sillon à Garmisch-Partenkirchen