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Bormio, l’enfer blanc

Adrien Théaux

Adrien Théaux - -

Calée entre le réveillon de Noël et le jour de l’An, la descente de Bormio (ce jeudi, 11h45) est l’une des plus exigeantes du plateau de la Coupe du monde. La faute à son tracé extrêmement sinueux et à la débauche physique qu’elle exige des skieurs.

Du haut des gradins, on lui prêterait le bon dieu sans confession. Belle, blanche et courbée, « la pista Stelvio di Bormio », l’une des pistes les plus séduisantes du circuit de la Coupe du monde de ski alpin, exhibe alors tous ses charmes. Sauf qu’une fois en bas, sur la neige, le côté glamour passe vite au second plan. « A partir du moment où vous poussez le portillon de départ, il n’y a aucun moment de repos, raconte Adrien Théaux. Il n’y a aucune ligne droite. C’est une pente toute nue avec des virages qui s’enchainent tout le temps et ce, jusqu’à la ligne d’arrivée. » Place alors à 3270 mètres de descente, deux minutes en « enfer » environ, durant lesquels les organismes sont mis à rude épreuve.

« C’est la piste la plus physique du circuit, poursuit le Français, 6e en novembre dernier de la descente de Lake Louise et 5e du deuxième entraînement de Bormio. On ne peut jamais se relâcher. La vitesse est omniprésente avec de nombreux mouvements de terrain. On finit à l’agonie. » On l’aura compris, Bormio la belle se transforme en Bormio l’exigeante avec ceux qui tenteraient de la dompter. Le manque de visibilité qui caractérise la piste n’est pas, non plus, pour aider les skieurs à en maîtriser tous les secrets. « C’est une piste à l’ombre, explique Théaux. Il faut essayer de rester souple mais on ne voit ni où on va, ni les petites aspérités de la piste. On distingue bien les portes mais pas le relief du terrain. Du coup, on est malmené dans tous les sens. Il faut tout le temps essayer de se rattraper pour attaquer les virages dans les bonnes positions. On ne peut pas skier comme on voudrait le faire. Il faut résister pour ne pas s’écrouler. »

Théaux : « C’est parfait pour digérer »

S’élancer sur la Stelvio di Bormio, c’est donc se préparer à aller au combat. Un combat que ne facilitent ni la glace présente à certains endroits de la piste, ni la proximité de l’épreuve avec les réveillons de fin d’année. « A chaque fois, ils nous concoctent ça entre Noël et le jour de l’An, constate Adrien Théaux. C’est parfait pour digérer le réveillon de Noël. » A condition d’être prêt le jour J. Jean-Luc Crétier n’a jamais accroché avec la descente de Bormio, où il n’a jamais connu le moindre podium.

Mais le champion olympique de descente à Nagano, en 1998, connait suffisamment la Stelvio pour savoir comment la pratiquer. « Le jour de la descente, il faut être en très grande forme, explique-t-il. On met les cannes sous les bras. On se concentre et on montre que le niveau de ski qui est le nôtre est suffisamment élevé pour aller glaner un podium. » Aux Adrien Théaux et Johan Clarey, respectivement deuxième et premier à Val Gardena avant l’annulation de la descente, mais aussi à Guillermo Fayed et Yannick Bertrand, de prendre ces conseils pour argent comptant.