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Crétier : « C’était le jour ou jamais »

Jean-Luc Crétier

Jean-Luc Crétier - -

RMC Découverte propose mardi 21 janvier à 20h45 un documentaire exceptionnel sur « Les destins en or du ski français ». Parmi eux figure Jean Luc Crétier, qui a vécu son jour de gloire le 13 février 1998 sur la descente de Nagano.

En 1998, la descente olympique avait été reportée trois fois à cause de la neige, de la pluie et du brouillard. Avez-vous aussi gagné cette course lors de cette période de cinq jours qui a dû être difficile à supporter ?

C’était super dur. J’ai vu des gens se décomposer parce qu’on n’a pas l’habitude d’attendre aussi longtemps. On avait tous les journalistes sur le dos. C’était un peu le jeu du chat et de la souris. On se cachait beaucoup pour essayer de vivre normalement.

La veille de la course, vous aviez chuté à l'entraînement. Aviez-vous peur au départ ?

Non. On s’entraîne toute l’année à la descente. Je vivais ma sixième année de Coupe du monde. On était rôdé. Par contre, on n’était pas préparé à quatre jours de mauvais temps. L’attente était interminable. Tous les jours, on reproduisait les mêmes gestes. Le jour où il pleuvait, je me souviens des éclairs qui tombaient sur les pylônes des télésièges. Ça, c’est quand même un cas de figure qu’on n’a pas l’habitude de vivre dans une carrière.

« Je n'étais pas à Nagano pour enfiler des perles »

Dans le portillon de départ, sentiez-vous que la victoire était pour vous ce jour-là ?

Je n’étais pas parti à Nagano pour enfiler des perles. C’était mes quatrièmes Jeux olympiques. J’avais notamment fait une quatrième place à Albertville (sur le combiné en 1992). J’étais plutôt en fin de carrière mais, cette saison-là en Coupe du monde, j’avais réussi trois podiums sur cinq courses (2e à Beaver Creek et Wengen, 3e à Kitzbühel, ndlr). J’avais les crocs parce que je voulais absolument ramener une médaille. Je me disais que c’était peut-être le jour ou jamais.

Après, il y a eu l'attente, durant laquelle le grand favori Hermann Maier fait un incroyable vol plané. Comment avez-vous vécu ça dans l'aire d'arrivée ?

J’ai d’abord eu très peur pour sa santé. En descente, le principal adversaire, c’est la piste. Hermann fait plus de 50 mètres l’air, trois sauts périlleux et sort de la piste. Tout le monde s’est inquiété de son état. Et puis on le voit bouger les jambes et les bras. Et on connait la suite. Il s’est refait une santé et il devient champion olympique de super-G 48 heures après.

Dans le cadre de sa nouvelle collection intitulée « Les grands moments du sport », RMC Découverte vous propose de découvrir mardi 21 janvier à 20h45 un documentaire exceptionnel de 70 minutes consacré aux « Destins en or du ski français », coproduit par RMC découverte et RMC Sport.

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