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Des couacs qui font tache !

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Manque d’engouement populaire, problèmes chronométriques, piste dangereuse, l’organisation des Mondiaux à Garmisch-Partenkirchen suscite de nombreuses interrogations. Ça fait désordre alors que Munich rêve d’organiser les JO de 2018.

Les Mondiaux ne passionnent pas les foules

Dans ce temple des sports d'hiver, la compétition ne semble paradoxalement pas passionner les foules. Les organisateurs tablaient sur 15 000 spectateurs par jour. Or l'affluence varie entre 8 000 et 10 000 personnes. Lors de la descente dames dimanche, il y avait de nombreux sièges vides malgré les chances de médaille de Maria Riesch. L'engouement autour de la native de Garmisch-Partenkirchen est d'ailleurs très mesuré, malgré la présence de son volubile fan club à chaque course. Plus embêtant, Munich 2018 est bien discret. « Je m’attendais à voir tout plein de choses or il n’y a qu’un tout petit espace consacré aux Jeux, note Florence Masnada, ex-skieuse et consultante pour Eurosport. J’ai surtout vu des anti-JO. » « Et puis les équipes, les sportifs et l’encadrement ne sont pas au centre du projet de Garmisch et c’est ce que je regrette », déplore Fabien Saguez, le directeur des équipes de France.

Un chronométrage défaillant

La marque horlogère Hublot vit des premiers Mondiaux difficiles. Chronométreur officiel à Garmisch, le groupe suisse doit composer avec divers incidents. En descente par exemple, le temps et le classement de Didier Cuche ne s’étaient pas affichés. Plus grave, la Fédération slovène a affirmé en début de semaine que le temps de Tina Maze lors du Super-G était faux G. Les Slovènes avaient même menacé de porter plainte. « Le problème, ce n’est pas le chrono, précise Fabien Saguez. Mais la nouvelle société n’a pas l’habitude des compétitions. C’est son premier événement. Le temps final, ça va. En revanche, les temps intermédiaires, des références chronométriques importantes pour donner des consignes à nos athlètes, posent problème. D’ailleurs pas mal d’équipes étaient en colère. »

Une piste dangereuse

Verglacée et bosselée, la piste du Kandahar a été vivement critiquée par les skieurs durant la première semaine. Elle est jugée trop dure, mal préparée, voire dangereuse. « C’est un champ de patates », affirme le Suisse Didier Cuche. « Cette piste est trop dangereuse pour les filles », déplore l’Américaine Lindsey Vonn qui a eu du mal à la maîtriser. Outre la piste, l’aire d’arrivée pose également des problèmes de sécurité. Même si sa distance est règlementaire, la petite compression est difficile à appréhender pour des skieurs épuisés. Pour preuve, la moitié des concurrents est tombée après l’arrivée lors de la descente hommes samedi. Le Norvégien Svindal en est même ressorti KO et a dû passer un scanner dans la foulée. « C’est beaucoup trop court, regrette Florence Masnada. Il n’y a pas eu de chutes, mais cela aurait pu être très grave. » « On a été dépendant du climat », se défend Peter Fischer, le directeur du comité d’organisation. Pas sûr que cela console Lindsey Vonn qui a d’ailleurs mis un terme définitif à ses Mondiaux.

J.S à Garmisch-Partenkirchen