RMC Sport

King Ligety ou l’empreinte d’un géant

Ted Ligety

Ted Ligety - -

Après avoir accroché l’or en super-G et en super-combiné, Ted Ligety a signé un triplé retentissant en s’offrant un troisième titre mondial dans sa discipline de prédilection, le géant, ce vendredi à Schladming. L’Américain est incontestablement le grand bonhomme de ces Mondiaux.

On ne peut pas dire qu’il arrivait à Schladming sur la pointe des pieds. Leader de la Coupe du monde en géant et tenant du titre de la discipline, Ted Ligety allait forcément jouer un rôle dans ces Mondiaux. Difficile pourtant d’imaginer une telle démonstration. Un tel show à l’américaine, accaparant toute la lumière pour ne laisser aux autres que les accessits. Voire des miettes. Sur les pistes autrichiennes, tout ce qu’il touche se change en or. Le super-G et le super-combiné, loin de lui être promis, n’ont pas fait exception à la règle. Outsider surprenant, puis favori à la hauteur des espoirs placés en lui, il a donc ajouté à sa moisson dorée le géant, SA course (5e victoire sur 6 départs cette saison), ce vendredi.

Le chouchou local Marcel Hirscher (2e) ne peut que constater les dégâts. Malgré une très belle deuxième manche, il voit son rival poursuivre son cavalier seul et écrire l’histoire. Sixième géantiste à conserver sa couronne mondiale, Ligety devient également le premier skieur à rafler trois titres sur un même événement depuis… Jean-Claude Killy, et son quadruplé magique de 1968. Une performance désormais à la portée du natif de Park City, qui prendra le départ du slalom, dimanche (10h), de l’or plein les yeux. Et avec sans doute une petite idée derrière la tête.

Richard : « Le roi des Mondiaux »

« C’est vraiment l’homme de ces Mondiaux, assure Alexis Pinturault, beau joueur malgré une décevante 5e place. Un grand coup de chapeau à lui, il est en train de marquer de son empreinte l’histoire du ski alpin. C’est un super gars, toujours souriant, toujours à prendre des nouvelles. Chaque fois qu’on le voit, ça fait plaisir, donc je suis content de le voir encore sur le podium ». Businessman inventif (il a lancé sa marque de casques, masques et lunettes), amateur de ski extrême, Ligety a donc endossé avec brio le costume de chef de file de l’équipe américaine, en l’absence de Lindsey Vonn et Bode Miller. Et son règne de Schladming suscite l’enthousiasme auprès de la plupart de ses adversaires.

« C’est bien pour notre sport, parce que c’est un grand skieur et un grand personnage, estime Cyprien Richard (19e). Il bosse énormément, c’est bien pour lui et pour tout le monde. Ce n’est pas un showman arrogant. Il travaille beaucoup pour pouvoir faire le show sur la piste ». Catalogué comme hyper-spécialiste avant ces Championnats du monde (il a signé ses 15 victoires en Coupe du monde en géant), le skieur de 28 ans a prouvé au meilleur moment qu’il avait l’étoffe des plus grands polyvalents. « Il va devoir confirmer en Coupe du monde qu’il peut gagner dans toutes les disciplines. S’il y arrive, il pourrait rentrer dans la catégorie des meilleurs skieurs de tous les temps », estime Michel Vion, président de la Fédération française. Une grosse performance en slalom, dimanche, serait déjà un premier pas…

Alexis Toledano avec Edward Jay