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Kitzbühel tout schuss vers les records

Adrien Théaux à Kitzbühel en 2011

Adrien Théaux à Kitzbühel en 2011 - -

La Mecque autrichienne de la vitesse accueille les descendeurs, samedi. Une semaine après le temps historique du Français Johan Clarey à Wengen (« flashé » à 161,9 km/h), les chronos pourraient encore s’affoler sur la Streif. « Bon Kitz » en vue.

Sur les autoroutes autrichiennes, la vitesse est limitée, comme en France, à 130 km/h. Le descendeur français Johan Clarey pourrait faire exploser les radars du côté de Kitzbühel ce week-end. Le skieur de la Cluzaz a été « flashé » à 161,9 km/h dimanche dernier sur la descente de Wengen en Suisse. Le record de vitesse en ski alpin sur la plus longue course du circuit de Coupe du monde masculin… « Heureusement, on ne m’a pas enlevé de points ! », plaisante-t-il.

Samedi sur la mythique Streif, la vitesse devrait atteindre les 140km/h dans la longue ligne droite finale de la descente. « Tous les temps vont être battus, Clarey, comme les autres depuis le début de la saison. Malgré les changements de matériel pour la sécurité, on va toujours plus vite. » Plus vite et plus dangereux. La piste devrait être particulièrement glacée pour ce qui devrait être « le Kitzbühel le plus dur de ces dernières années », annonce son partenaire en équipe de France, Adrien Théaux. « Du bon Kitz », sourit le descendeur de Val Thorens, monté sur le podium (3e) en 2011. « C’est celle qu’on veut gagner depuis tout petit », raconte Clarey.

Théaux : « Tu ne regardes pas le mec parti devant… »

L’an dernier, la neige avait obligé les organisateurs à supprimer le Super G. La descente avait été amputée, le départ donné à mi-course dans la poudreuse. Cette année, les skieurs partiront de la cabane. Là-haut, la consigne est de ne pas regarder le dossard parti devant. « Si tu vois le gars mouliner des bras au-dessus de la bosse du « Mausefalle », tu peux gamberger », raconte Théaux. « Mausefalle », le piège à souris en allemand… « Si la course est stoppée une demi-heure, on sait que ce n’est pas pour un piquet… » Sur la Streif, « ça tape », les « skis partent dans tous les sens », les sauts peuvent faire 60 mètres, et le schuss en bas atteint donc des vitesses de 140, 150 km/h. Mais c’est dans les virages, que Kitzbühel mérite sa réputation de Mecque des descendeurs. Les enchainements courbes et sauts peuvent se révéler très compliqués…

Il faudra un peu de courage pour jouer avec les meilleurs, même si « franchir la ligne c’est déjà bien », estime Clarey. Samedi, nos Français s’attendent à un « bon cru ». De toute façon se sera un « gros costaud » qui gagnera. Théaux, monté sur la boite il y a deux ans, a un « bon feeling » avec « Kitz ». Nos Tricolores réfutent l’idée qu’il faut être fou pour goûter à la Streif. « Les fous viennent, prennent un gros carton, et ne reviennent plus », avertit Théaux. Adrénaline raisonnée. Une chose est sûre : le podium est mérité. « Il n’y a pas de voleurs ici. » On te croit, Adrien.

Louis Chenaille (avec G.Q. à Kitzbühel)