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Merle : « Worley, une performance magnifique »

Tessa Worley

Tessa Worley - -

Carole Merle, championne du monde de slalom géant en 1993, a suivi avec beaucoup d’enthousiasme le sacre de Tessa Worley ce jeudi aux Mondiaux de Schladming (Autriche). A 49 ans, elle est ravie que la « puce » du Grand-Bornand lui succède.

Carole, quel est votre sentiment après la médaille d’or de Tessa Worley ce jeudi à Schladming ?

C’est formidable. Ce n’est pas évident de gagner une épreuve comme ça, sachant qu’on est un petit peu attendu, qu’on a déjà fait des résultats. C’est très, très difficile. Elle a été très solide. Elle a skié magnifiquement.

Ce sacre de Tessa Worley est-il une évidence ou une surprise pour vous ?

Je ne dirais pas que c’est une évidence. Il y a beaucoup de champions qui ont du mal à concrétiser aux Mondiaux ou aux Jeux Olympiques. Bien sûr, c’est une évidence de par son talent. Après, il faut le faire. Je suis bien placée pour le savoir. Je me suis raté plein de fois. Tessa est merveilleuse depuis longtemps. Là, elle a réussi à faire ce qu’elle voulait de son ski. C’est fantastique.

Elle est aussi très solide mentalement…

Elle est solide à tous les niveaux. Ça ne marche pas à tous les coups, sinon elle aurait déjà tout gagné. Ce n’est pas facile d’être un champion. J’espère qu’elle va en profiter pour être encore plus forte dans toutes les années à venir. Il faut le faire et ce n’est pas facile. Il faut assumer, assurer. Il y a beaucoup de stress.

Sa victoire a-t-elle fait ressurgir de beaux souvenirs ?

Bien sûr. Dès la première manche, la voir skier comme ça, je me suis dit « elle tient le bon bout ». Je pense que ça se joue quelques jours ou quelques semaines plus tôt. Pour ma part, en tout cas, ça s’est joué avant. Quand on a le sentiment qu’on peut le faire, alors on est capable de le faire. Ça se joue dans les couloirs, dans les ascenseurs, avant la course. C’est une épreuve mentale.

Avez-vous eu des contacts avec Tessa récemment ?

Non. Tessa, c’est une petite, une gamine. Elle pourrait être ma fille. Je la suis de loin. J’ai des entraineurs, des amis, qui sont sur place. Elle sait que je l’admire. J’adore son ski posé, agressif, son mental. Je lui tire mon chapeau. C’est une performance magnifique.

Propos recueillis par Nicolas Jamain