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Mondiaux : Worley, la force tranquille

Tessa Worley

Tessa Worley - -

Tessa Worley a raflé son premier grand titre ce jeudi, à Schladming, en s’emparant de l’or mondial en slalom géant. La Française, immense espoir du ski tricolore, a su tenir son rang et a sans doute franchi un cap qui pourrait l’emmener encore plus loin. Comme au sommet des JO des Sotchi ?

« Depuis le début de l’hiver, quand je prends un départ, c’est pour aller chercher la gagne. Cette course ne dérogera pas à la règle. Championne du monde, c’est un rêve ! C’est la course où il faut arriver à être présente », avait affirmé Tessa Worley avant le départ. Et présente, elle l’a été. Meilleur temps de la première manche. Puis meilleur temps de la seconde, malgré un passage impressionnant de Tina Maze, leader incontestée de la discipline en Coupe du monde. La Française, maîtresse de son ski comme jamais, a survolé l’épreuve pour rafler un titre mondial tout autant synonyme de consécration que de confirmation. Du grand, du très grand Worley.

Du haut de ses 23 ans et de son mètre cinquante-sept, la skieuse du Grand-Bornand est au sommet. En 2011, sa médaille de bronze aux Mondiaux de Garmisch avait annoncé la couleur. Une couleur au goût un peu amer, après ses trois succès en Coupe du monde qui semblaient lui promettre une issue plus dorée. Cela n’aura été que partie remise. Cette année, c’est après trois bronzes sur le circuit qu’elle accroche l’or de Schladming. La symétrie est amusante. L’ascension, certaine. Et Worley la discrète s’offre une plongée triomphale sous le feu des projecteurs, pour le plus grand bonheur du camp tricolore.

Bertrand : « La plus discrète du groupe »

« Tessa, ce n’est pas une boute-en-train. C’est presque la plus discrète du groupe, décrit Marion Bertrand, 16e de la course. Elle est gentille et humble. La première chose qu’elle m’ait dite en arrivant, alors qu’elle avait gagné, c’est que ma deuxième manche était très belle. C’est ça, Tessa ! Ca fait rêver ce qu’elle fait aujourd’hui. Elle m’a même fait pleurer un petit coup. Même si Maze a fait une grosse manche, j’ai vu tout de suite qu’elle était sur son nuage. Il ne pouvait rien lui arriver ». Car en plus du talent, la Française affiche un mental de championne qui lui a permis d’en rajouter une couche lors de son deuxième passage, là où l’or virtuel qui lui pendait au coup aurait pu en freiner beaucoup.

« Chaque fois qu’elle a gagné une première manche, elle a gagné la course, poursuit Marion Bertrand. Elle est toujours très détendue entre deux manches. Elle a cette capacité à se détacher, puis à se remettre très vite dedans ». Sa force et son audace la hissent ce jeudi sur la plus haute marche du podium. Lui offrant un premier titre majeur. « Une étape de franchie, j’ai envie d’en gagner plein d’autres », confie la lauréate. Et un rêve qui se réalise, seize ans plus tard... « A 7 ans, elle est revenue du club de ski, et m’a dit : ‘’Maman, je veux être championne de ski’’, raconte Mad’ Worley, monitrice de ski, maman fière et attendrie par l’exploit de la fille prodige. Et je peux vous dire qu’elle est tenace ». On ne saurait en douter. Il existe à présent une preuve en or…