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Pascal : « Personne n’attend les Françaises »

Christel Pascal

Christel Pascal - -

Membre de la Dream Team RMC, Christel Pascal reconnaît que les Françaises sont très loin d’être favorites pour décrocher une médaille en slalom, ce samedi. Malgré le manque de confiance des Bleues, elle mise sur cette absence de pression pour servir de déclic.

Christel, les Françaises ne s’avancent pas vraiment en favorites sur cette épreuve…

Oui, on peut clairement le dire sans aucune méchanceté. Mais ce sont des championnats du monde, tout peut arriver. Il manque beaucoup de confiance, un peu de réussite mais aussi de la technique. Je trouve que certaines ne sont pas à leur meilleur niveau. La confiance génère de belles choses ou non. Malheureusement, depuis le début de la saison, elles sont plutôt dans la spirale inverse. C’est dur de remonter et de se persuader qu’on peut y arriver. Dans le même temps, on recule au classement donc les dossards sont de moins en moins bons. Et ça, ça met des « pets au casque ». Derrière, les slalomeuses françaises n’arrivent pas à exploiter le ski qu’elles sont capables de faire. A l’entraînement, elles font beaucoup mieux. Ces championnats du monde seront peut-être le déclic pour elles. Elles n’ont rien à perdre, personne ne les attend. Allez-y les filles, foncez !

Quelle Française a le plus de chance de briller ?

Pour l’instant, Anne-Sophie (Barthet) nous a montrés les plus belles choses. Nastasia (Noens) est plutôt dans une mauvaise passe. Peut-être qu’elle a aussi besoin de ça pour rebondir derrière. Laurie Mougel nous a prouvés qu’elle pouvait faire de belles choses avec une cinquième place à Zagreb. Ce n’est pas une performance qu’on fait par hasard. Elle est très jeune et a beaucoup d’expérience à se faire. Laissons-la murir et ne lui mettons pas tous le poids des slalomeuses sur les épaules parce que ce n’est pas encore de sa responsabilité. Sandrine Aubert est, elle, dans une spirale compliquée psychologiquement avec aucune confiance en elle. C’est difficile de skier dans ces conditions parce qu’il n’y a plus de plaisir. Il faut trouver des techniques pour rebondir. Il faut faire un reset complet de tout le cerveau.

Vous semblez dresser un tableau noir. Faut-il espérer un miracle pour une médaille ?

A l’entraînement, elles exploitent un meilleur ski. Si elles skiaient mal à l’entraînement et en course, on pourrait parler de miracle. Je pense qu’elles sont en gros manque de confiance. Parfois les championnats du monde peuvent déclencher un truc parce que c’est une course d’un jour où nous n’avons aucune chance et que ça peut les relâcher. On ne s’attend pas à des merveilles mais tout peut arriver.

« Un podium Shiffrin-Zuzulova-Schild »

Quelle sera votre favorite ?

Ce sera (Mikaela) Shiffrin. Sur le podium, je vois bien (Veronika) Zuzulova et Marlies Schild parce que son retour est très attendu. Elle n’est pas là pour rien. Elle est en possession de tous ses moyens et semble faire de bons entraînements. C’est une course d’un jour. J’y crois beaucoup. Schiffrin nous a montrés des choses tellement extraordinaires depuis le début de saison que j’y crois à bloc.

L’ambiance ne semble pas bonne au sein du groupe des Françaises…

Je ne suis pas si sure que ça. Les slalomeuses et les géantistes sont mélangées. Il y a une bonne émulation. Que certaines personnes ne s’entendent pas entre elles, c’est toujours arrivé dans les groupes de filles. C’était pareil pour nous il y a dix ans et ça arrivera toujours. On peut avancer de manière individuelle.

Quel est le secret pour décrocher une médaille en slalom ?

Rester concentré le jour-J. Il faut croire en ses possibilités, avoir confiance en soit et tout donner. Il ne faut pas surskier non plus, ça ne sert à rien et ça fige à l’athlète. Il faut faire ce qu’on sait faire et rester dans une bulle en étant très concentré.

Propos recueillis par Georges Quirino