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Poisson : « Ce podium n’est pas une finalité »

David Poisson

David Poisson - -

Médaillé de bronze sur la descente ce samedi aux Mondiaux de Schladming, David Poisson (30 ans) a réalisé la meilleure performance de sa carrière. Tout en modestie, le Français est revenu avec un large sourire sur cette belle performance.

David, quel est votre sentiment après cette belle médaille de bronze ?

Je ne me rends pas encore compte de ma médaille. J’ai envie de la voir ce soir et de l’avoir autour du cou pour vraiment réaliser. C’est forcément un soulagement. Je me régale depuis le début de la saison sur les skis. Pour l’instant, ce podium ne change pas grand-chose de Kitzbühel ou de Wengen. Je suis super content de ma manche et j’ai certainement eu plus de chance aujourd’hui.

Vous avez vraiment choisi le bon moment pour décrocher votre premier podium…

C’est toujours le bon moment pour un premier podium. Ça fait plaisir car ici, il y a la petite récompense, la cerise. Je n’ai pas changé grand-chose par rapport à mes deux dernières courses. Quand on est sur des Jeux Olympiques ou des championnats du monde, ça reste des courses d’un jour. Si on veut jouer devant, il faut aller prendre sa chance. Il ne faut pas avoir de complexe. Aujourd’hui, j’ai abordé les courses dans le même état d’esprit, c’est-à-dire de penser avant tout à skier correctement. Avec la confiance et mes derniers résultats, j’ai décroché ce podium.

Est-ce une belle récompense pour toutes les galères par lesquelles vous êtes passé ?

Une récompense ? Je ne sais pas. J’aime bien le terme de chance (rires). Je ne suis pas un survivor. Si on prenait le bilan médical de chacun, il y aurait beaucoup plus à dire sur d’autres que moi. Je ne suis pas forcément le plus méritant là-dessus.

On vous sent un peu emprunté depuis la fin de la course…

Je suis un peu perdu. C’est mon premier podium, à Schladming, pour les championnats du monde. Pour l’instant, je subis un peu. Je suis peut-être plus stressé par ce qui arrive maintenant que par la course. Ce podium n’est pas une finalité. J’ai des ambitions et le jour où je pourrai me relâcher, ça voudra dire que j’ai gagné quelque chose. Aujourd’hui, c’est un bien pour tout le groupe car ça confirme qu’on n’est pas loin et qu’on peut venir jouer les médailles et les victoires. J’ai une pensée pour Johan (Clarey, forfait pour les Mondiaux, ndlr) car il nous a vraiment tiré vers le haut cette année.

Pendant la course, vous avez bien failli perdre un bâton en frottant la piste avec le bras droit. Vous êtes-vous fait peur ?

Ça m’a presque fait sourire. J’étais tellement dedans que je me suis dit que j’allais faire marrer les gens en essayant de le remettre (rires).

Vos coéquipiers et vos entraîneurs vous présentent comme quelqu’un de gentil…

Je ne sais pas. En tout cas, je ne me force pas. Ça ne m’empêche pas d’en vouloir au départ de la course. Je marche plus au plaisir du ski qu’au plaisir de battre les autres. Pour l’instant, ça a l’air de fonctionner. Je vieillis et je prends de l’expérience. J’ai eu pas mal de moments délicats, avec des blessures et des passages à vide. On apprend forcément à relativiser. Quand on est jeune, on prend aussi beaucoup de plaisir, mais on pense un peu plus au résultat.

Vous vous attaquez désormais à la victoire …

La pente ascendante s’arrête toujours à un moment. Tant qu’elle peut continuer, je prends. Mais je vais déjà essayer de profiter de ce que j’ai fait aujourd’hui.

Le titre de l'encadré ici

Les Françaises ont eu le droit à un coup de gueule |||

Si le bilan est plus que satisfaisant chez les hommes, avec deux médailles en deux courses, c’est tout l’inverse chez les filles. Loin du podium en super-G mardi, avec aucune skieuse dans le Top 10, les Françaises n’abordent pas la descente de dimanche (11h) avec une confiance optimale. Pire encore, leur bilan cette saison ne plaide pas en leur faveur : aucun podium sur les huit épreuves de vitesse. Du coup, les coaches n’ont pas laissé passer le raté sur le super-G de mardi. « Après le super-G, ça ne s’est pas passé tranquillement, reconnaît Marie Marchand-Arvier (14e du super-G). Les entraîneurs ont réagi comme tout le monde aurait pu le faire. Ils étaient déçus et enragés car on est passées à côté d’une course qui aurait pu se dessiner autrement. Ça me fait mal de me faire engueuler mais je n’ai pas bien fait mon boulot. Ce coup de gueule était nécessaire. C’est leur métier de nous booster. A nous de faire le boulot sur les skis. » Signe du destin, le dernier podium des skieuses tricolores en descente remonte à l’année dernière, avec la deuxième place de Marion Rolland … à Schladming.