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Pourquoi Alexis Pinturault peut gagner le gros globe de cristal

Alexis Pinturault

Alexis Pinturault - AFP

Troisième l’hiver dernier, Alexis Pinturault fait partie des prétendants au classement général de la Coupe du monde cette saison. Une objectif désormais réaliste, qui débute ce dimanche en Autriche avec le géant de reprise de Sölden (9h30 puis 12h45).

On lui promet la lune depuis sa jeunesse. Question de talent, de polyvalence, de profil multi-facettes. Et désormais, l’astre paraît atteignable. « Le général, maintenant, je peux le faire », assure Alexis Pinturault. Le gros globe de cristal, classement général de la Coupe du monde, reste le Graal des meilleurs skieurs de la planète. Des champions capables de briller sur toutes les épreuves. Dixième en 2012, sixième en 2013 et troisième en 2014, le Français s’en rapproche hiver après hiver, les ambitions de plus en plus visibles. « C’est un objectif, comme de remporter des médailles olympiques, explique l’intéressé. Quand je finirai ma carrière, j’aimerais quand même avoir ce gros globe quelque part chez moi ou à l’hôtel de mon père. Ma saison dernière me met dans une position où je suis forcément l’une des personnes qui peuvent envisager ce classement général. »

Le Norvégien Aksel Lund Svindal sur le flanc pour blessure, le podium 2014 a perdu un de ses membres (2e). Reste l’ogre autrichien Marcel Hirscher, en quête d’un quatrième titre consécutif, inédit dans l’histoire. Mais derrière, les autres favoris se nomment… Pinturault et Ted Ligety. « Si on reprend le Top 4 de l’an dernier, il reste Hirscher, Ligety et moi, rappelle Alexis. Le plus grand favori reste Marcel. Mon but sera d’être suffisamment bon tous les week-ends pour essayer de le bousculer. » Entraîneur du groupe technique masculin français, David Chastan confirme l’ambition légitime de son poulain : « Il est en progression constante. Pour remporter le gros globe sans tout gagner, il faut être régulier sur toute une saison. On parle de lui pour ça car il a montré une progression et assume ses objectifs. Ce n’est pas de la prétention mais de l’ambition. Alexis fait partie des prétendants mais il n’est pas le seul. Hirscher a l’objectif d’écrire l’histoire de son sport. Nous, notre motivation est de l’empêcher de le faire et d’écrire une partie d’histoire du ski français. En plus, les finales sont en France (à Méribel, ndlr) et ça se joue souvent à ce moment-là. »

« Il ne faut pas y penser ou le moins possible »

Pour rejoindre Jean-Claude Killy (1967 et 68) et Luc Alphand (1997) au palmarès, Pinturault devra cultiver sa belle polyvalence. Celle qui lui a permis de s’imposer dans toutes les disciplines du ski alpin, à part la descente (slalom, géant, super-G, combiné), pour monter son palmarès à 7 victoires et 22 podiums – un de plus que… Killy – en Coupe du monde. Il devra aussi éviter la pression de son nouveau statut. Et ne pas voir trop loin. « Ce général, le meilleur moyen de l’avoir, c’est de ne même pas y penser ou le moins possible, analyse celui qui a changé de marque de skis cet hiver. De se concentrer uniquement sur chaque course qui va venir. Après, le côté médiatique est un peu plus pesant qu’avant et il va falloir faire attention, trouver le bon équilibre. »

Et Chastan d’appuyer sur les quelques progrès encore à accomplir : « Il a beaucoup appris dans les disciplines de vitesse et il est armé pour concurrencer les meilleurs pour le gros globe. Il a pris conscience de ses qualités et amélioré ses défauts de jeunesse. Mais il a encore un palier important à franchir : être en tête d’une première manche et gagner. Enfoncer le clou en situation de grosse pression. J’espère qu’il pourra le faire dimanche. » Un tel résultat sur les pentes de Sölden lancerait parfaitement sa quête de cristal. Celui qui visera également un titre mondial en février à Beaver Creek s’annonce prêt à relever le défi. Affamé de succès. « Je me sens plutôt bien, juge-t-il. Où est-ce que je me situe par rapport aux autres ? La course nous le dira. » Premier élément de réponse ce dimanche.

A.H. avec G.Q. à Sölden