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Richard revient de loin

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A bientôt 32 ans, le skieur de Morzine a remporté à Adelboden le premier géant de sa carrière. Un « rêve de gosse » qui vient couronner une carrière entièrement consacrée au ski de haut niveau malgré de nombreuses blessures.

La Marseillaise, il la connaît par cœur. Cyprien Richard est même un grand chauvin, du genre à scander fièrement l’hymne national devant sa télévision quand l’occasion se présente. « Je la chante à chaque fois que les Français gagnent, précise-t-il. Je suis un fou, ma copine m’engueule à chaque fois parce qu’en plus, je ne sais pas chanter ! »

Ce samedi, c’est pourtant « à tue-tête », comme il dit, qu’il a entamé le premier couplet de sa rengaine préférée. Une Marseillaise entendue à Adelboden après sa victoire – ex aequo avec le Norvégien Aksel Lund Svindal – dans le géant du jour. Sa première en Coupe du monde. « C’est à moi, on ne peut plus me l’enlever, souligne-t-il. Depuis tout petit, je rêve de ça… »

Le skieur de Morzine a pourtant pris tout son temps avant de sortir de l’ombre de Julien Lizeroux et Jean-Baptiste Grange. Celui qui aura 32 ans le 27 janvier n’avait jusqu’alors obtenu que trois podiums en Coupe du monde, dont une deuxième place mi-décembre à Alta Badia. La faute, notamment, aux blessures qui ne l’ont jamais épargné.

« Si j’avais pu avoir cette première victoire à 18 ans, je l’aurais prise, confie-t-il. Mais en gagnant aujourd’hui, je sais pourquoi et je sais d’où ça vient. A plusieurs reprises, j’étais tout seul et je me suis posé des questions sur ce que j’aimais vraiment faire. Mais cette flamme pour le ski alpin a toujours brûlé en moi. »

21e temps de la première manche !

Elle a sans doute aussi décuplé sa motivation au départ de la deuxième manche de ce géant, alors qu’il n’avait réalisé que le 21e temps du matin. « J’étais déçu parce que j’avais commis une faute. Mais je n’ai pas remis en cause ce que je savais faire. J’y ai juste cru. Ici, tout est possible. »

Devant les 29 000 spectateurs de ce qui est souvent considéré comme le plus grand géant de la saison, Cyprien Richard a tout donné. « C’est un battant, souligne David Chastan, le responsable du groupe technique de l’équipe de France. Il s’est fait dans la difficulté, avec ses défauts et ses qualités. Mais il est serein et tranquille. Il a bien travaillé avec la fille avec qui il travaille (sic). »

Cette « fille », c’est une préparatrice mentale qui lui a appris à canaliser sa fougue pendant les courses. Heureusement, pas de quoi l’empêcher de tout lâcher à l’arrivée. Après sa victoire, il a plongé dans les bras des membres de son fan-club, venus de Morzine dans deux cars pour l’encourager. Une dernière photo, drapeau français sur les épaules, avec Thomas Fanara (3e de la course, lire par ailleurs), et Cyprien Richard s’est une nouvelle fois mis à chanter. Quelques notes d’une Marseillaise, cette fois, bien à lui.

C. Z. avec (J. S., à Adelboden)