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Théaux : « Cette troisième place me réjouit énormément »

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Treize ans après Nicolas Burtin et Jean-Luc Crétier en 1998, un Français est remonté ce samedi sur le podium de la mythique descente de Kitzbühel, en Autriche : Adrien Théaux prend une magnifique troisième place derrière deux monuments de la discipline, le Suisse Didier Cuche, désormais quadruple lauréat de la descente autrichienne et l’Américain Bode Miller. Avec une pensée pour l’Autrichien Grugger, toujours dans un état grave à Innsbruck.

Adrien, vous entrez grâce à ce podium dans la légende de Kitzbühel et du ski français, même si vous n’aurez pas les privilèges dus au vainqueur…

C’est vrai que lorsque vous gagnez ici, votre nom est inscrit sur une des télécabines qui mènent au sommet. Ce n’est pas mon tour cette fois, mais cette troisième place me réjouit énormément, surtout aux côtés de Didier Cuche et de Bode Miller, deux des plus grands palmarès du ski mondial.

Parlez-nous des sensations que procure une belle performance sur la redoutable piste de la Streiff…

Pour un descendeur, s’il y avait une course à choisir pour monter sur un podium, ce serait celle de Kitzbühel. Même pour nous qui nous entraînons toute l’année, elle reste LA descente mythique de la saison. Il faut débrancher le cerveau tout en restant concentré pour ne pas dévier de sa trajectoire et aller à la catastrophe.

Que vous conseille-t-on avant de vous élancer la première fois ?

Quand on est plus jeune, les anciens nous préviennent de ne pas regarder celui qui nous devance pour ne pas nous effrayer…

« On fait le sport le plus dangereux du monde »

Avez-vous pensé au grave accident de l’Autrichien Hans Grugger survenu jeudi à l’entraînement (victime d’une terrible chute et toujours placé en coma artificiel, ndlr) ?

Oui, forcément, mais Kitzbühel est à part dans la saison. Il y a beaucoup d’entraide entre les coureurs car il y a d’énormes risques ici, plus qu’ailleurs. L’accident a refroidi tout le monde surtout que la chute a eu de lourdes conséquences. On fait le sport le plus dangereux du monde sans protection, on glisse à plus de 140 km/h, on fait des sauts de 60 mètres, ce n’est pas facile mais on s’entraîne pour ça.

Faut-il atténuer les dangers de cette descente, et notamment le « Maussefalle » (une bosse qui fait sauter les descendeurs sur plus de 60 mètres) ?

Cette bosse fait partie du mythe, le fait de l’enlever n’arrivera jamais. On n’a pas droit à l’erreur sur cette piste et les organisateurs ne vont pas la changer car ils veulent garder la piste la plus dure du monde.