RMC Sport

Val d’Isère perd la Face

-

- - -

L’annulation par manque de neige des quatre courses de la Coupe du monde prévues les 10 et 11 décembre dans la station savoyarde fait mal. Au-delà de l’impact économique, la décision de la FIS est vécue comme un camouflet par les organisateurs.

Foutu fohen ! Le vent chaud qui a soufflé sur le massif de la Vanoise, mardi, a fait fondre les derniers espoirs d’organiser à Val d’Isère le week-end de Coupe du monde de ski prévu les 10 et 11 décembre. « Tout était annoncé pour que la neige arrive mais le fohen est arrivé mardi. Tout est tombé à l'eau! », se lamente Emmanuel Couder, patron du club des sports de la station savoyarde. Le passage des inspecteurs de la FIS, venus mercredi pour réaliser le « snow control », est sans appel. A 14 heures, le verdict tombe : « Val » est annulé. Les géant et slalom masculins sont récupérés par Beaver Creek, respectivement les 6 et 8 décembre, et les Américains assureront aussi le super-G féminin (7). Le super-combiné est reporté sine die. Un coup de massue pour la face de Bellevarde et ses promoteurs. « Si la piste des femmes (la Daille) n’avait que 50% de chances d’être prête, celle des hommes était prête à 80% pour le slalom de samedi, c’était jouable », déplore Couder.

Les conséquences financières sont aussi à déplorer. Le Critérium attire habituellement entre 10 000 et 15 000 visiteurs. L’annulation de l’événement signifie une perte sèche pour les commerçants de la station. « On va se retrouver avec 3000 personnes, et quand on sait qu’un visiteur dépense en moyenne 200 euros, le manque à gagner se chiffre en millions d’euros, estime Gérard Mathys, adjoint au maire de Val d’Isère, la machine est grippée ». Perte financière, coup au moral. La décision de la Fédération internationale a sonné les organisateurs qui s’enorgueillissent d’accueillir le Critérium de la première neige, et de d’être l’une des trois stations françaises avec Courchevel et Chamonix à figurer au prestigieux circuit de la Coupe du monde de la FIS. « Le Critérium est un événement attendu pour lancer la saison européenne », regrette Couder.

Une décision de la FIS qui passe mal

Face à Beaver Creek, le directeur du club des sports de Val d’Isère reconnait pourtant que le combat était inégal. « Vail est organisateur des Mondiaux en 2015, les Etats-Unis ont un poids non négligeable, ils veulent montrer leur savoir-faire. » Les responsables de la station savoyarde regrettent seulement que la FIS n’ait pas jugé bon conserver au moins une course sur la « Face ». « Le slalom était prêt, il nous permettait de garder la tête haute, de viabiliser l’événement », estime Mathys qui n’a plus que ses yeux pour pleurer un beau week-end parti de l’autre côté de l’Atlantique. « J'ai du mal à comprendre la décision de la FIS, conclut Couder. On aurait pu sauver le slalom pour lancer la saison économique du ski en Europe dans un contexte de crise. La collaboration avec la FIS est nickel, mais il faut qu’elle comprenne qu'on aurait pu sauver la face avec un slalom hommes… »