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Worley : « Championne du monde, c’est le rêve ! »

Tessa Worley

Tessa Worley - -

A 23 ans, Tessa Worley a glané avec panache le premier titre mondial de sa carrière en géant, ce jeudi à Schladming. Vingt ans après Carole Merle, la skieuse du Grand-Bornand vit un rêve éveillé.

Tessa, vous voilà championne du monde de géant après deux manches de toute beauté !

C’est difficile à réaliser. Durant toute la journée, j’ai essayé de me dire que c’était une course comme les autres, qu’il fallait skier simplement, ne pas penser au résultat ou à la récompense. Même après la première manche (qu’elle a finie en tête, ndlr), il fallait juste penser au ski. Je suis hyper contente d’avoir réussi car j’ai fait ce que je voulais dans les deux manches, c’est-à-dire aller le plus vite possible. Et au bout, il y a la récompense.

Malgré le retour de Tina Maze, vous avez été solide…

Je n’ai du tout suivi sa course. Au départ, j’étais complètement dans ma bulle. Je n’ai pas fait attention au reste. J’ai entendu un peu la foule, le speaker, mais je n’ai rien compris (rires). C’est le ski. Il peut se passer n’importe quoi. On sait que toutes les filles ont les capacités pour très bien skier. C’est du très haut niveau. Voilà pourquoi je ne voulais pas penser au résultat mais seulement à faire les deux manches les plus rapides.

A quoi pensez-vous maintenant que vous êtes sur la plus haute marche du podium ?

A plein de choses…. Je me suis dit : « Ca y est ! Ce à quoi tu rêvais hier soir ou ce matin vient de se réaliser. » Je peux en profiter. C’est une magnifique récompense pour tout le boulot.

A sept ans, vous aviez dit à votre maman vouloir être championne…

Il parait, oui. Je ne m’en souviens pas très bien. Elle vous le dira mieux que moi. J’avais envie de monter sur les plus hautes marches des podiums, d’aller le plus vite possible, de ressentir cette adrénaline à chaque fois. Championne du monde, c’est le rêve !

Il y a deux ans à Garmisch, c’était le bronze. Cette fois, le speaker a dit que c’était la cerise sur le gâteau…

(Rires) J’étais allée à Garmisch pour la médaille d’or. Avec trois victoires en géant durant la saison, beaucoup de gens m’attendaient. Mais je n’avais pas tout à fait réussi à mettre en place ce qu’il fallait pour gagner. Aujourd’hui, c’est fait. Je suis super contente.

Quels premiers mots avez-vous échangé avec vos parents ?

Aucun. Il n’y a aucun mot qui sort. On se sert juste dans les bras et on pleure. Ils m’ont juste dit qu’ils étaient fiers de moi. Ils le sont aussi quand les résultats ne sont pas là. Ils aiment me voir heureuse. Et aujourd’hui, je le suis.

Vous remportez le premier titre en géant depuis Carole Merle, il y a tout juste 20 ans. Réalisez-vous la portée de votre exploit ?

Pas vraiment. C’est quand même énorme ! C’est beau de vivre ce genre de chose. J’ai juste envie de savourer ce que j’ai réussi à faire. Cela me trottait dans la tête depuis un moment. C’est une étape de franchie. J’ai envie de gagner plein d’autres médailles.

Sur l’approche de l’événement, quelle est à la différence par rapport aux années précédentes ?

Beaucoup de calme. J’ai essayé de rester concentrée sur les choses sur lesquelles je pouvais agir. A Garmisch, il avait un peu trop de tension et d’attente. 

Propos recueillis par Edward Jay