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Worley, un retour sur la pointe des skis

Tessa Worley

Tessa Worley - AFP

Dix mois après sa grave blessure au genou, la skieuse française Tessa Worley reprend la compétition en slalom géant lors de l’ouverture de la Coupe du monde de ski, ce samedi matin, à Sölden (Autriche). Elle ne fanfaronne pas.

Tessa Worley n’a pas changé. La skieuse du Grand Bornand, sacrée championne du monde de géant en 2013, répond toujours aux questions avec un sourire qui lui monte jusqu’aux oreilles. Il faut dire que sa présence ce week-end à Sölden pour l’ouverture de la Coupe du monde de ski alpin la comble de joie. « La piste est magnifique, s’exclame-t-elle avant l’épreuve de slalom géant dans laquelle elle est engagée ce samedi avec six autres skieuses tricolores (1ère manche à 9h30, 2e à 12h45). Je me sens heureuse d’être là, de retrouver cette ambiance qui commence tout doucement à monter, de retrouver les filles du circuit… Je sais que la pression va monter doucement, mais le principal est de se faire plaisir et de profiter de ces moments-là. »

Tessa Worley sait de quoi elle parle, elle qui a été privée de toutes ces sensations depuis dix mois. Le 17 décembre dernier, sur le slalom de Courchevel, la native d’Annemasse est victime d’une violente chute. Le diagnostic est terrible : rupture du ligament croisé du genou droit et d’une lésion du ménisque. Saison terminée. Adieu le rêve olympique à Sotchi.

Worley : « Mentalement, il y a beaucoup de travail à faire »

Après une très longue rééducation, la championne âgée de 25 ans se dit désormais prête « à 100% physiquement ». Mais on n’efface pas une si longue période sans compétition sans appréhension. « La nuit va être mouvementée, avoue-t-elle dans un éclat de rire. La rééducation, c’est long mais mentalement, il y a beaucoup de travail à faire. Mon état d’esprit n’est plus le même. J’ai évolué, je n’ai pas le même bagage. Je ne veux surtout pas me mettre la pression. Sölden n’est qu’une étape dans la reconstruction. Il y a quand même de l’appréhension. » Pour Anthony Séchaud, directeur des équipes de France de ski alpin dames, « se réengager, reprendre des risques, accepter d'aller au bout de la pression, replonger dans la pente, prend un tout petit peu de temps et il faut l’accepter. »

Voilà en tout cas pourquoi la championne tricolore n’évoque que des objectifs techniques à Sölden. « Je ne veux pas m’imposer d’objectifs de résultats, annonce-t-elle. Je veux juste me donner à fond et me faire plaisir sur cette piste. » Mais s’il est important pour elle de retrouver très vite ses sensations, la compétitrice qui sommeille en elle n’est jamais très loin. « Ce sera forcément différent, mais je veux aller chercher la meilleure place. Je vais me battre à 100%. » Non, Tessa Worley n’a vraiment pas changé.

AB avec GQ à Sölden