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Sotchi : Bochet, 20 ans et du tempérament

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Septuple championne du monde, dont cinq fois l’an dernier, Marie Bochet, skieuse catégorie debout, représente la meilleure chance de médaille(s) du handisport français aux Jeux Paralympiques. Portrait avant la descente de ce samedi matin.

On n’est pas très sérieux, à 20 ans. Mais dans le sport, on peut être leader. Meilleure chance de médaille(s), même. Du haut de sa vingtaine, Marie Bochet porte sur ses épaules les plus grands espoirs du handisport français à Sotchi, où les athlètes tricolores ont un objectif global de dix breloques. Il faut dire que la benjamine de la délégation française a bien mérité son statut. Marie Bochet ? Une sorte d’actuelle Usain Bolt du ski, catégorie debout. Septuple championne du monde, la Française, victime d’une malformation du bras gauche (raccourci et seulement un doigt) à la naissance, a réalisé une razzia – descente, slalom spécial, slalom géant, super-combiné et super-G – aux Mondiaux de La Molina (Espagne) en 2013.

Cet hiver, entre Copper Moutain (Etats-Unis), Panorama (Canada) ou Tignes, la gloutonne de succès a encore multiplié les victoires. Impossible de se cacher : la pancarte de favorite des Jeux, c’est pour elle. « Marie arrive avec une vraie maturité, juge Emmanuelle Assmann, chef de mission pour la France. Elle est toute jeune mais elle a déjà fait Vancouver. Dans sa carrière et dans sa pratique, elle est à maturité, ouverte, sereine. Et sur ses performances techniques, elle a prouvé qu’elle était vraiment au top. » Enorme attente. Mais pas de quoi faire dérailler ce petit bout de femme au caractère trempé et aux ambitions immenses.

« Il faut savoir se recentrer sur soi-même »

A 16 ans, aux Jeux Paralympiques de Vancouver, elle termine quatrième en slalom spécial et super-combiné. Quatre ans plus tard, l’or multiple envahit son horizon. Pas question pour autant de le clamer sur tous les toits. Vingt ans, certes, mais une maturité évidente sur les spatules comme dans le discours. Langue de bois protectrice, comme chez les athlètes valides, mais avec le mot médaille mis au pluriel pour trahir son objectif. « Je ne sais pas combien je vais en ramener ni de quelles couleurs elles seront, explique-t-elle. Je n’ai pas envie d’y penser, ça ne sert à rien de dépenser de l’énergie là-dedans. Mon objectif est vraiment d’arriver à faire mon ski, de poser ma technique. On verra bien quels seront les résultats. »

Originaire du Beaufortain, où elle a débuté le ski « assez rapidement, comme tous les enfants de la vallée » et a longtemps concouru avec les valides, Bochet pousse sa maturité sportive jusque dans son approche de l’événement. Seule dans sa bulle, où savent souvent se retrancher les grands champions avant le jour J. « Il faut savoir tirer son épingle du jeu et arriver à se gérer toute seule, précise Marie. A un moment, il faut aussi prendre de la distance par rapport au groupe. Ces derniers temps, je ne m’occupe pas forcément des soucis dans l’équipe mais plus de moi. C’est peut-être un peu égocentrique mais il faut savoir se recentrer sur soi-même dans ces périodes-là. Le mental a beaucoup d’importance dans le sport de haut niveau. » A Sotchi, comme depuis quatre ans, sa principale rivale sera l’Allemande Andrea Rothfuss, de cinq ans son aînée. Mais Bochet ne craint rien. Marie veut (va ?) tout prendre.

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Alexandre Herbinet avec Camille Gelpi à Sotchi