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Théaux : bolide en construction

Adrien Théaux

Adrien Théaux - -

Le Tarbais est la révélation de l’équipe de France de vitesse. Il s’attaque à la descente de la Verte des Houches de Chamonix ce samedi (12h), fort d’une troisième place à Kitzbühel et d’un avenir qui s’annonce brillant.

A la gauche de Didier Cuche et de Bode Miller sur le podium de la descente de Kitzbühel samedi dernier, Adrien Théaux dépareillait un poil aux côtés de ces deux légendes de ski alpin. « Gagner Kitzbühel un jour, c’est le rêve, tout comme remporter le classement général de la Coupe du monde, car il faut être bon dans toutes les disciplines », a lâché le Français. Mais n’allez pas croire que cette troisième place sur la mythique piste de la Streif soit la conclusion d’un braquage parfait. Au contraire, c’est le résultat d’une production linéaire dont les fruits tombent cette saison.

« Ce n’est pas vraiment une surprise. Il skie vraiment bien ces derniers temps. Cela ne m’étonnerait pas qu’il soit devant moi lors de la prochaine course. » L’hommage vient de Didier Cuche, le roi des descendeurs Deuxième du Super-G de Beaver Creek en décembre, puis troisième à « Kitz », Théaux montre les crocs à 26 ans, dans ces disciplines de vitesse qui réclament de l’expérience et un gabarit en béton armé, construit strate après strate : « Il s’est étoffé un petit peu même si je pense qu’il peut prendre encore plus. Il a quelque chose en plus qui le fera sûrement devenir un grand descendeur, voire le plus grand descendeur français », s’avance son coéquipier David Poisson.

On le surnommait « Minus »

Pyrénéen de naissance – il a grandi au sommet du col du Tourmalet avec des parents moniteurs de ski l’hiver et qui tenaient le relais restaurant-magasin de souvenirs du sommet le reste de l’année –, Théaux s’est « exilé » à l’âge de 14 ans à Val-Thorens, en Savoie, « pour progresser plus vite. J’ai dû partir à Val-Thorens car la plupart des grosses courses se déroulent dans les Alpes. C’est là que j’ai rencontré ceux qui sont en équipe de France avec moi ».

Comme Jean-Baptiste Grange ou Steve Missilier, il est issu de cette génération 1984. Après « JB », il est le deuxième à s’illustrer régulièrement. Formé à l’école du géant, ce qui explique sa qualité dans les parties techniques, celui qu’on surnommait « Minus » à cause de son gabarit est venu petit à petit à la descente par son amour de la vitesse. Comme beaucoup de skieurs, il trouve son plaisir à moto et avec la poignée des gaz serrée à fond. « Il est techniquement accompli, il est super-doué, il a bien des années devant lui mais il ne faut pas attendre, prévient Patrice Morisod, l’entraîneur des équipes de France de vitesse. Quand il aura confiance, il pourra aussi jouer les premières places au général ». Le rêve est en construction. Prochaines briques posées samedi.

M.M. avec Jérôme Sillon à Chamonix