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UFC - Ciryl Gane: "Si j’arrive à passer ce cap, je fais partie de la cour des grands"

Invité du podcast RMC Fighter Club (à retrouver sur le site ou ce vendredi soir à minuit sur RMC), Ciryl Gane a évoqué son combat à venir contre Junior Dos Santos le 12 décembre lors de l’événement UFC 256. Un gros test contre l’ancien champion de la catégorie pour le combattant français, toujours invaincu, qui se rapprocherait d’un combat pour le titre en cas de succès après une année 2020 qui a rimé avec pétrin.

Un an après, il revient enfin. On avait laissé Ciryl Gane le 21 décembre 2019 à l’issue de sa victoire sur Tanner Boser (décision unanime), lancé sur la très bonne voie avec trois victoires en un peu plus de quatre mois et autant de combats depuis ses débuts à l’UFC. Et le combattant français, toujours invaincu en MMA (6-0), va faire son retour dans l’octogone le 12 décembre à l’occasion du pay-per-view UFC 256.

Avec un gros test en perspective: Junior "Cigano" Dos Santos, septième du ranking des lourds (Gane est treizième) mais surtout ancien champion de la catégorie, dernier homme hors Daniel Cormier à avoir infligé (en 2014) une défaite à l’actuel détenteur de la ceinture Stipe Miocic. 

>> Retrouvez l'intégralité de l'entretien de Ciryl Gane dans le podcast RMC Fighter Club épisode 30

Une marche de plus, et très importante, dans son objectif de quête du titre, même si le Brésilien de trente-six ans reste sur trois défaites de rang. "C’est un grand nom, a confirmé 'Bon Gamin' au micro du podcast RMC Fighter Club. Il a perdu contre qui dernièrement? Francis Ngannou, Curtis Blaydes et Jairzinho Rozenstruik, les trois premiers du classement sans compter Stipe. Donc ce n’est pas une honte d’avoir perdu contre ces gars-là. Il reste toujours d’actualité. Il est plutôt vieillissant, c’est vrai, ce n’est pas un débutant comme moi… Mais si je le bats, derrière, après peut-être un combat ou deux, on peut vraiment se rapprocher de quelque chose de sérieux."

De Boser à Dos Santos, l’ancien champion de l’organisation canadienne TKO aurait pu avoir l’impression de perdre son temps. Entre problèmes de santé (pneumothorax) et pandémie mondiale au printemps, puis différents retraits pour différentes raisons, Ciryl Gane a vu cinq combats prévus annulés en 2020, à trois reprises contre Shamil Abdurakhimov et une fois contre Sergei Pavlovich et Ante Delija (trois jours avant pour ce dernier). De quoi le rendre prudent sur ce qui peut se passer tant qu’il n’est pas dans la cage. Mais pas de quoi le faire sortir de sa route. 

"Des progrès à peu près dans tout"

"C’était une grosse année de galères, en effet, mais on est resté toujours très concentré, car sinon on perd la motivation de s’entraîner, confie le combattant français. Mentalement, c’est quand même costaud. Mais ça ne me chagrine pas du tout. Je positive toujours. Si ça se passe comme ça, c’est que ça doit se passer comme ça. Je suis toujours en mode 'il n’y a rien, tout va bien, la vie est belle et on continue de s’entraîner'. Et là, on me propose un gros, gros test. Donc finalement, c’est peut-être un mal pour un bien. C’est une grande chance pour moi. Si j’arrive à passer ce cap, on peut dire que je fais vraiment partie de la cour des grands." 

Débarrassé de ses problèmes de santé, Ciryl Gane a pu répéter ses gammes à la MMA Factory, avec aussi quelques passages à l’INSEP pour travailler la boxe anglaise face aux pensionnaires de l’usine à champions, et faire "des progrès à peu près dans tout". Il pourra montrer tout ça face à Dos Santos, adversaire parfait pour voir l’ancien spécialiste de muay-thaï revenir à ses fondamentaux après deux victoires par soumission et une sur décision depuis son entrée à l’UFC. "Je compte vraiment sortir un peu plus de muay-thaï, envoyer un peu plus de jambes", confirme-t-il dans un sourire. 

>> Long format: Ciryl Gane, l'ouragan 'Bon Gamin'

Pour son premier combat à Las Vegas, et sa première en PPV, Ciryl Gane sait qu’il aura plus de lumière sur lui. Il est prêt à assumer, même s’il avoue ne pas avoir profité de son année pour progresser en anglais, étape essentielle pour se faire mieux connaître via les médias spécialisés: "J’abuse sur ce côté-là. J’ai fait un peu le fainéant, très sincèrement. (Rires.)" Il le sera moins dans l’octogone. Où un succès pourrait le mener à terme à un combat pour le titre, et peut-être face à un certain Francis Ngannou, ancien du MMA Factory parisien qui doit affronter Miocic pour le titre dans les mois à venir. 

"Francis mérite amplement d’avoir la ceinture, et je pense qu’il l’aura, assure le lourd français. Si je rencontre Francis, je préférerais l’affronter pour la ceinture et pas avant. Quand je suis arrivé au MMA Factory, il était déjà parti vivre à Las Vegas. J’ai pu le croiser quand il revenait préparer certains combats, deux ou trois, mais pas plus que ça donc je n’ai pas une relation avec lui comme je peux avoir avec ceux que je vois tous les jours au MMA Factory. Mais j’ai tourné avec lui en sparring et il est dangereux, ça ne fait aucun doute. Ce n’est pas un mythe ou de la chance. Francis, quand il touche, il touche." Et si en plus la chose pouvait se faire à Bercy, maintenant que le MMA et sa diffusion télé sont autorisés en France, on signerait tout de suite.

Alexandre HERBINET (@LexaB)