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Le Japon choqué par la mort d'un sumo après une chute en plein combat

Un combat de sumo entre Yokozuna et Kagayaki le 26 juillet 2020

Un combat de sumo entre Yokozuna et Kagayaki le 26 juillet 2020 - AFP

Le sumo japonais, Mitsuki Amano, est mort après une chute sur la tête lors d'un combat, jeudi. La lenteur de l'intervention des secours a choqué au Japon, où le sport est très suivi.

Un lutteur japonais de sumo est mort à l'hôpital après avoir violemment chuté lors d'un combat pendant le dernier tournoi de ce sport nippon, provoquant une onde de choc et des appels à un meilleur encadrement médical. Mitsuki Amano, 28 ans, qui combattait sous le nom de Hibikiryu, est décédé mercredi d'une insuffisance respiratoire aigüe dans un hôpital de Tokyo, a annoncé l'Association japonaise de sumo (AJS).

"Que son âme repose en paix", a déclaré le président de cette instance qui gouverne la discipline japonaise dans un communiqué, exprimant la "sincère gratitude" de l'AJS pour la "contribution" de M. Amano au sumo. Le lutteur, évoluant dans la quatrième division sur les six que compte le sumo professionnel, était tombé sur la tête après avoir été jeté à terre par son adversaire lors d'un combat le 26 mars dernier.

La longue attente avant les soins choque au Japon

Des images qui ont largement circulé sur internet le montrent ensuite gisant immobile, à plat ventre, sur la plateforme d'argile recouverte de sable ("dohyo") où ont lieu les combats. La longue hésitation des personnes entourant le dohyo avant que Hibikiryu ne finisse par recevoir des soins médicaux par un professionnel plusieurs minutes après ont choqué spectateurs et internautes.

"Quand il est tombé, sa tête a heurté les tawara (cercle de paille entourant le dohyo, ndlr), faisant porter tout son poids sur son cou. Il est possible que cela ait provoqué une lésion de la moelle cervicale", a déclaré à l'AFP Hideo Ito, masseur, acupuncteur et entraîneur soignant des lutteurs de sumo depuis plus de 20 ans.

Le lutteur, pesant 147 kg selon l'AJS, a été retourné sur le dos par des "yobidashi", chargés notamment d'appeler les noms des lutteurs au début des combats, une manoeuvre qui aurait dû être effectuée par des professionnels, selon des experts médicaux. L'existence d'un "lien éventuel de cause à effet entre la mort du lutteur et sa blessure n'est pas claire à ce stade", a déclaré une porte-parole de l'AJS à l'AFP, précisant qu'une éventuelle annonce sur l'amélioration des procédures médicales d'urgences n'interviendrait pas avant "une décision formelle" à ce sujet.

La mort de Hibikiryu a provoqué des critiques en ligne et dans les médias sur les procédures du sumo, dont l'AJS étudierait une modification selon plusieurs quotidiens sportifs japonais. "Pourquoi l'Association de sumo a-t-elle le droit de traiter la vie et la santé de manière si légère?" s'est interrogé un utilisateur de Twitter. "Je ne peux pas m'empêcher de penser qu'ils auraient pu réagir plus vite", a commenté un journaliste du Nikkan Sports.

Les médecins éloignés du dohyo

"Si l'association de sumo voulait placer la sécurité avant tout, je pense que la seule façon serait d'avoir des médecins au bord du dohyo pour qu'ils puissent juger rapidement de la situation", estime M. Ito. Des médecins sont déjà présents dans le Kokugikan, bâtiment où ont lieux les tournois à Tokyo, mais ne se tiennent pas au bord du dohyo pendant les combats, et il est de coutume d'attendre que les lutteurs tombés à terre se relèvent d'eux-mêmes.

Hibikiryu, entré dans le monde du sumo il y a tout juste 10 ans, était "un merveilleux rikishi (nom donné aux lutteurs) qui avait toujours un sourire aimable et était toujours attentif aux autres", se souvient Hideo Ito.

NC avec AFP