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Gasquet, spectacle de Rue

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Pour accumuler du temps de jeu, la star française a disputé l’Open Baie de Somme, un modeste tournoi qui se déroule depuis six ans à Rue, un village picard. Un vrai choc culturel !

Derrière un terrain de foot sans charme, un hangar en taule ondulée. Il abrite un court de tennis d’un autre âge. Nous sommes à Rue, petit village picard de trois mille habitants, où se déroule l’Open Baie de Somme. D’Arnaud Clément à Jo-Wilfried Tsonga, en passant par Alizée Cornet, ils ont tous évolué sur l’unique court en quick de ce club pas comme les autres. « Pour les joueurs, explique Laurent Chaumont, le président de ce modeste tournoi, c’est une bouffée d’oxygène de venir chez nous. L’ambiance est décontractée. » Certains sont présents pour trouver du temps de jeu. D’autres pour empocher un tout petit chèque…

A Rue, les pros s’échauffent sous les yeux des spectateurs médusés, en toute tranquillité. Avec Fabrice Santoro et Sébastien Grosjean, le tableau est particulièrement relevé cette année. Mais c’est Richard Gasquet qui attire la foule. A chaque match du Biterrois, les sept cents sièges des tribunes sont combles. « Vous vous rendez compte, s’extasie Sébastien, un habitué des lieux, on paye l’entrée sept euros et on voit jouer des stars à moins d’un mètre de nous. C’est mieux que Roland-Garros ! »

Après deux mois et demi de galère, suite à son contrôle positif à la cocaïne et sa suspension, Gasquet a besoin de jouer, de retrouver ses sensations. Oubliée la sèche élimination face à Nadal dès le premier tour de l’US Open. Dès son entrée sur le court, les spectateurs lui réservent une ovation. « Pour nous, c’est un honneur de le voir à Rue, jure Louis, un mordu de tennis. C’est un grand champion. Il arrivera facilement à dépasser cette erreur de parcours. »Dur contraste que de voir le Biterrois dans cette petite salle picarde, pendant que ses copains de l’équipe de France de Coupe Davis bataillent au même moment aux Pays-Bas pour se maintenir dans le groupe mondial. Richard Gasquet, lui, fait abstraction. Après sa victoire en demi-finale contre Jérôme Haenel (vainqueur d’André Agassi en 2004 à Roland Garros), il répond machinalement aux questions. « Ce n’était vraiment pas facile, confie-t-il. Encore cinq ou six matchs comme celui-là et je serais enfin à 100 % physiquement. » Le temps d’une douche et Richard revient sur le court pour signer des autographes.

Santoro l’a convaincu de venir

Fabrice Santoro observe la scène d’un œil amusé. Il est accoudé au bar, un journal sous les yeux. Dans quelques minutes, il affronte Sébastien Grosjean dans l’autre demi-finale. Le vétéran français connaît bien ce tournoi. Il l’avait remporté en 2006. C’est lui qui a convaincu Richard Gasquet de participer à l’édition 2009. « C’est important qu’il multiplie les matches et qu’il retrouve des sensations en compétition, assure-t-il. Il a juste besoin de gagner des matches pour retrouver la confiance. »

Preuve de son nouvel état d’esprit, il s’est engagé à honorer l’invitation des organisateurs de l’Open d’Orléans fin octobre. A Rue, Richard Gasquet aura finalement disputé trois matches et autant de victoires à Rue. En finale, l’ancien numéro un français s’impose sans trembler devant Santoro (6-3, 6-2). Il veut être prêt en 2010. Pour cela, l’Open Baie de Somme peut lui porter chance. En 2007, Jo-Wilfried Tsonga l’avait emporté. Un mois et demi plus tard, il atteignait la finale de l’Open d’Australie.

Thibault Delachaux (RMC Sport)