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Tsonga : « Besoin de me protéger »

Tsonga : "J'avais besoin de marquer une pause."

Tsonga : "J'avais besoin de marquer une pause." - -

Jo-Wilfried Tsonga n’a qu’une idée en tête : jouer au tennis. La nouvelle coqueluche française a donc décidé de prendre du recul avec la scène médiatique.

Jo, on vous a quitté à Marseille après votre défaite au 1er tour face à Ancic. Comment vous êtes-vous organisé depuis l’Open 13 ?
J’ai pris pas mal de repos. J’en ai également profité pour faire des choses qui me tenaient à cœur. Depuis maintenant dix jours, j’ai retrouvé le chemin des courts. Tout va bien, j’espère arriver en forme pour les prochains tournois (Masters Series d’Indian Wells et Miami). J’avais en tout cas vraiment besoin de faire un break. Je crois qu’on ne peut pas donner tout à tout le monde en permanence. J’avais besoin de me ressourcer.

Après le tourbillon médiatique qui a suivi l’Open d’Australie, ressentez-vous le besoin de vous protéger ?
Oui, complètement. Ma priorité reste le tennis. Le jour où je ne serai plus bon sur le court, on arrêtera de me solliciter. Je dois donc bien garder en tête qu’il n’y a que le tennis qui compte. Le reste suivra naturellement mais il ne faut pas que ça devienne une contrainte. Je ne peux pas dire oui à tout le monde, ce n’est pas possible.

Durant cette coupure, vous êtes parti au Congo pour retrouver un grand-père que vous n’aviez jamais vu. Comment avez-vous vécu ce voyage ?
J’ai envie dire que j’ai surtout retrouvé une partie de moi. C’est quelque chose qu’on a au fond de soi-même, ce sont mes racines. C’était un super voyage, je suis revenu avec un cœur gros comme une patate. Quand j’ai vu mon grand-père, il y avait énormément d’émotion, une émotion qu’on ne peut pas cacher.

Vous avez été également reçu par le Président de la République du Congo…
Cette rencontre s’est faite dans un contexte particulier. Le Président me l’a également dit, c’était plus familial que protocolaire. Mais je n’étais pas allé au Congo dans l’optique de rencontrer le Président. Ça ne me tenait pas à cœur, j’étais surtout pressé et excité de voir mon grand-père.

Et il y a dix jours, il a fallu reprendre l’entraînement.
Oui, j’ai le droit à de grosses journées. Je m’entraîne physiquement et tennistiquement tous les jours. J’attaque à 9h30 et je termine vers 18h30. Je fais en sorte de devenir le plus complet possible à l’arrivée de grands tournois. Concernant l’entraînement, par rapport à l’avant Australie, nous n’avons rien changé avec Eric (Winogradsky), il n’y a pas de détails en particulier que nous travaillons. On essaie simplement d’améliorer ce qui a été fondé ces derniers mois. Je dois continuer à progresser, même si j’ai fait pas mal de progrès dans de nombreux domaines.

Physiquement, la machine n’est pas trop dure à remettre en route ?
Tout va bien. Je fais tout pour me protéger. Pour cela, j’essaie d’être le plus professionnel possible en étant le plus consciencieux à l’entraînement. Mais ce n’est pas pour ça que je suis sur la réserve.

Qu’attendez-vous de la tournée américaine et des deux Masters Series ?
J’attends une pluie de points. Je vais essayer de bien jouer et de confirmer mon Open d’Australie. Je veux montrer que ce n’était pas un coup de vent. Mes objectifs sont en plus très élevés pour la suite de l’année, j’aimerais bien rentrer dans le top ten (ndlr : Jo-Wilfried Tsonga est actuellement classé 16ème à l’ATP). C’est un challenge qui je me suis donné, c’est quelque chose qui m’excite beaucoup.

Il y a un an, vous étiez sur les tournois challengers et aujourd’hui, vous êtes tête de série dans les Masters Series…
C’est le pied ! Et puis c’est quand même un avantage de se retrouver tête de série. Ça va peut-être me permettre d’avoir des tours plus ou moins faciles, même si je sais qu’il n’y a pas beaucoup de matchs faciles dans ces tournois. Ça devrait me permettre de rester plus longtemps en course, d’aller chercher plus souvent des demi-finales, des finales ou des victoires.

Avez-vous suivi l’actualité du tennis ces dernières semaines ?
J’ai pas mal déconnecté. En dehors du tennis, en général, je n’aime pas trop qu’on me parle de mon sport. J’évite de suivre les résultats.

Vous avez tout de même entendu que pour sa rentrée, Roger Federer s’était incliné au 1er tour de Dubaï…
Ça ne m’a pas étonné, d’autant plus que c’était contre Andy Murray, un joueur qui joue très bien depuis le début de l’année. Je peux en parler puisque je l’ai affronté au 1er tour en Australie. Qu’on soit Federer, Djokovic ou Nadal, un 1er tour reste un 1er tour. C’est toujours difficile, on n’a pas forcément nos marques sur la surface, sur les conditions de jeu. Federer n’avait pas joué depuis un moment et je pense qu’il a eu un peu de mal à s’adapter. Je ne suis donc pas choqué par cette défaite face à Murray qui est un numéro un potentiel. D’ailleurs, à mon avis, la place de numéro un mondial sera de plus en plus disputée dans les mois à venir.

La rédaction