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Tsonga, si proche du Maître

Jo-Wilfried Tsonga

Jo-Wilfried Tsonga - -

Le Français a débuté les Masters par une défaite rageante contre Roger Federer ce dimanche à Londres. Le Suisse, quintuple vainqueur, était accessible. Mais, comme à Bercy, il a été le plus malin pour plier l’affaire en deux temps et trois mouvements en fin de match (6-2, 2-6, 6-4).

Le jeune préposé au ramassage des balles a tout juste eu le temps de retirer une saleté sur le court bleu de l’O2 Arena. Deux minutes de jeu, une volée dans le filet, une double faute, deux coups gagnants en face et la chance de remporter une première victoire aux Masters 2011 s’envole pour Tsonga. En servant à 5-4 dans le troisième set face à Roger Federer, le Français a oublié un instant la capacité du Suisse à saisir la moindre occasion de rentrer aux vestiaires, de faire une bise à sa maman et de démarrer sa conquête d’un sixième sacre aux Masters de la meilleure des manières (6-2, 2-6, 6-4). Le Français voulait pourtant prolonger le suspense. Et le pouvait certainement.

Après avoir été complètement absent lors du premier set, à l’image du « match aller » dimanche dernier en finale à Bercy (1-6, 6-7), « Jo » a su redresser la barre. Ses montées intelligentes au filet, appliquées et régulièrement victorieuses, agrémentées de quelques amorties, lui ont permis de concurrencer Roger Federer dans l’expédition des tâches (21 minutes pour le premier set, 30 pour le deuxième). Le public de Londres, très VIP et très footeux avec notamment Thierry Henry et Andrei Arshavin, était alors rassuré. Le 6e mondial était à la hauteur de l’évènement, décidé à priver le roi d’un 60e succès cette saison. L’effet de cette réponse à l’enjeu de la rencontre n’en est que plus douloureux a posteriori.

« Frustré et énervé »

« Il y a de quoi avoir les boules, reconnait un Jo-Wilfried Tsonga sonné dans les coulisses de la salle londonienne. Je suis très déçu. J’ai l’habitude, après une défaite, de me dire que ce n’est pas grave et que je vais passer à autre chose. Là, je vais rester un peu dessus. Je vais bien l’analyser parce qu’elle est importante pour moi. J’ai fait deux fois le même match, à Bercy et ici. Je suis frustré et énervé parce que j’ai senti que je pouvais le gagner, ce match. » Parce que ce troisième set a été trop court. Parce qu’il laissera des regrets. « Il mène 5-4, j’ai quelques occasions sur le second service que je ne saisis pas, explique le Français. Et puis ça s’arrête brutalement. Je fais deux bêtises à la suite. Et sur la balle de match, il retourne avec le cadre. Bref… » Bref, il aura à cœur de se racheter contre Mardy Fish et Rafael Nadal cette semaine. Pour poursuivre l’aventure.

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Tsonga : « Si on légalise le dopage, j’arrête » |||

Invité à réagir à la chronique de Yannick Noah (dans le Monde) relative au supposé dopage généralisé en Espagne, Jo-Wilfried Tsonga a d’abord pensé aux ravages causés par ces propos dans le clan espagnol. « J’espère que ça ne les affecte pas trop, explique le Français. On aimerait avoir des preuves si c’est vrai. Pour l’instant, c’est complètement faux parce qu’on n’a aucune preuve. Il (Yannick Noah, ndlr) dit ce qu’il pense. Si c’était la vérité à chaque fois, ils domineraient le monde entier. » Quant à savoir s’il fallait légaliser le dopage, comme le suggère Yannick Noah, le Manceau a été clair : « Dans ce cas-là, moi, j’arrête et je les laisse jouer entre eux ».