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Chardy sauve la patrie

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Appelé de dernière heure pour affronter l’Autriche, Jérémy Chardy a apporté le cinquième et dernier point à l’équipe de France ce dimanche à Vienne contre Martin Fischer (2-6, 7-6, 6-3, 6-3). Finalistes la saison dernière, les Bleus poursuivent leur aventure. Ce sera en Allemagne, en juillet.

Jérémy Chardy porté en triomphe par Nicolas Devilder, Julien Benneteau, Gilles Simon et Michaël Llodra. Drapeau français en main sur la terre battue de Vienne, le Palois reprend la Marseillaise avec les supporters français qui ont fait le déplacement. Lui qui n’avait pas gagné un match depuis octobre 2010 et le tournoi de Shanghaï vient d’apporter le troisième point à l’équipe de France. Son deuxième sur le week-end. Après avoir battu vendredi Jürgen Melzer, l’actuel 55e joueur mondial s’est offert la peau de Martin Fischer, sorti du chapeau par le capitaine autrichien Gilbert Schaller pour la dernière rencontre.

Après une entame de match délicate, Chardy a finalement réussi à s’imposer contre le 138e joueur mondial. Non sans avoir « offert » quelques frayeurs au clan français. Peut-être parce qu’il pensait, comme il l’a avoué, ne pas avoir à jouer son match en voyant Simon dominé Melzer avant de tomber (7-6, 3-6, 1-6, 6-4, 6-0). « Ça fait plaisir de gagner avec les potes, salive Chardy. C’est un grand moment. J’ai adoré la Coupe Davis et c’est une des premières fois que je jouais des matchs qui comptaient. Ça fait du bien pour le cœur. C’est vraiment une grosse émotion. On a vraiment l’envie de gagner. Le capitaine sur la chaise, les potes derrière… Si j’avais pu gagner de la main gauche, je l’aurais fait. »

Chardy : « Même moi je ne m’attendais pas à venir ici »

Chardy a pourtant bien failli ne jamais être de l’aventure. Souvent appelé pour jouer le sparring-partner lors de la dernière campagne, il s’était plaint il y a une dizaine de jours d’être oublié par le staff, et notamment par Guy Forget, après la succession de blessures de Tsonga et Monfils. Et si Chardy s’était envolé pour l’Autriche, c’est simplement parce que Richard Gasquet avait lui aussi renoncé tard dans la soirée de samedi dernier. Peu avant, il avait appris sa convocation. « Même moi, je ne m’attendais pas à venir ici, reprend le principal intéressé, euphorique après la rencontre et alors que ses coéquipiers fêtaient la victoire dans le hangar de Vienne. C’est une bonne nouvelle pour moi et l’équipe. J’espère que mes deux victoires pourront m’aider pour le reste de la saison. »

Désormais couvé par Patrick Mouratoglou qui fonde de grands espoirs en l’ancien 31e joueur mondial (novembre 2009), ce joueur de 24 ans, huitième de finaliste de Roland-Garros en 2008 après avoir sorti David Nalbandian, doit maintenant passer un cap. Il pourra d’ailleurs compter sur son entraîneur. Mouratouglu a ainsi pu rencontrer son joueur avant sa dernière rencontre pour le préparer. Le technicien était arrivé jeudi matin à Vienne, une décision qu'il avait prise sans concertation avec Guy Forget et son staff. Les habitudes changent en équipe de France. Les joueurs aussi. Et pour l’instant, ça fait du bien.

Pierrick Taisne avec Rodolphe Massé à Vienne