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Les Bleus perdent la tête

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L'équipe de France est menée 2-1 par l'Argentine en quart de finale de la Coupe Davis après la défaite du double Llodra-Benneteau face à Nalbandian-Zeballos (3-6, 7-6, 7-5, 6-3). Les Bleus sont désormais condamnés à remporter les deux simples de dimanche.

Il ne faut pas se voiler la face. En cédant le point capital du double ce samedi face à l’Argentine en quatre sets (3-6, 7-6, 7-5, 6-3), les Bleus ont très largement compromis leurs chances de qualification pour le dernier carré de la Coupe Davis. Menés 2-1 au soir de cette deuxième journée, les hommes d’Arnaud Clément sont condamnés à réaliser un double exploit lors des deux derniers simples dans une bonbonnière du « Parque Roca » redevenue bouillante. La cruauté des statistiques attribue même un faible 15% de chances de qualification aux Tricolores de rejoindre le prochain tour. Et pour compliquer le tout, si Jo-Wilfried Tsonga semble disposer des armes pour dominer Juan Monaco lors du premier choc dimanche, quid du Français qui sera aligné pour un éventuel cinquième match décisif ?

En quittant le court tête basse, l’attitude de la paire Benneteau-Llodra tranchait singulièrement avec l’euphorie du tandem Nalbandian-Zeballos. La paire française se remémorera sans doute longtemps le trou noir vécu au troisième set. Le tournant de la rencontre. Jusque-là, le duo tricolore semblait contrôler le match. Un premier set remporté 6-3, une deuxième manche cédée sur le fil 7-6, le tandem avait pris les devants dans le troisième pour mener 5-3. Est-ce le smash de Nalbandian alors asséné sur le dos de Llodra ? Ou bien la pression d’un public de plus en plus indiscipliné, obligeant l’arbitre à intervenir à plusieurs reprises ? Les Bleus ont perdu le fil. Et concédé cinq jeux d’affilée. Ils ne s’en relèveront pas.

L’incertitude Simon

« C’est une grosse déception. L’équipe de France était légèrement favorite sur le papier parce qu’elle avait des références. Mais pas sur terre battue. La surface leur a joué des tours. Les Tricolores ont moins bien manœuvré que les Argentins qui ne se sont jamais découragés », analysait l’ancien DTN du tennis français, Patrice Dominguez. Une constatation appuyée par les chiffres : alignés à sept reprises en Coupe Davis, Benneteau et Llodra ont vaincu quatre fois, sur dur, et concédé trois défaites, sur terre…

Dimanche, Jo-Wilfried Tsonga aura l’énorme responsabilité de maintenir l’espoir dans le clan tricolore. En cas de victoire du numéro 1 français face à Juan Monaco, plus lourd encore sera le poids qui pèsera sur les épaules de celui qui s’avancera pour le match décisif. Nul n’ignore la dimension toute particulière de ces rendez-vous. Face à l’adversité, on y reconnait les champions. Et Gilles Simon, bloqué physiquement et psychologiquement lors de son premier match, vainqueur d’un seul de ses huit matches de Coupe Davis, ne semble pas encore taillé pour de tels combats. Arnaud Clément choisira-t-il l’option Benneteau ? Une chose est sûre, il ne faudra pas simplement vaincre Carlos Berlocq, Argentin préposé à ce dernier match. Car d’amorphe vendredi, le public sud-américain est devenu chaud ce samedi. Dimanche, il grondera, prêt à croquer du coq.

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