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Nalbandian, l’éternel revenant

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Prochain adversaire de la France en demi-finale de la Coupe Davis (du 17 au 19 septembre), l’Argentine peut compter sur un joueur explosif et atypique : David Nalbandian. A 28 ans, l’ancien n°3 mondial a soif de revanche.

Seul son look ne change pas. Depuis ses débuts, David Nalbandian arbore la même chevelure blonde maintenue par un bandeau. Pour le reste, le taciturne Argentin suit une trajectoire sinusoïdale. Parfois étincelant, trop souvent absent, le natif de Cordoba jongle entre les courts et les couloirs de l’infirmerie. « C’est un joueur qui a rarement connu des saisons pleines, explique l’ancien DTN français Patrice Dominguez. Lorsqu’il n’est pas bien, qu’il prend quelques kilos, il peut perdre contre n’importe qui. En revanche, lorsqu’il est en pleine possession de ses moyens, il est capable de battre tout le monde. »

Il l’a à nouveau prouvé ce week-end face à la Russie, en quart de finale de la Coupe Davis. Alors qu’il n’était plus apparu sur un court depuis trois mois (Monte-Carlo en avril), il a tour à tour dominé Nikolay Davydenko puis terrassé de son œil bleu acier Mikhail Youzhny dans le match décisif, offrant ainsi à son pays une place dans le dernier carré ! Après avoir été éloigné des courts durant huit mois l’an passé, suite à une blessure à la hanche, Nalbandian est en train de retrouver le niveau qui l’avait mené jusqu’au 3e rang mondial.

Forget : « Quand il joue bien, c’est une machine »

Aujourd’hui 111e, l’Argentin rattrape le temps perdu. Contraint de faire l’impasse sur les trois premiers Grand Chelem de l’année, il a repris des couleurs sous le maillot de l’Albiceleste. Un environnement qui lui est cher. « C’est un joueur qui se sent très Argentin, glisse Dominguez. Il a la fibre patriotique. » Un amour du pays doublé d’une immense soif de revanche. « Il a envie de prouver qu’il n’est pas complètement largué par Juan-Martin Del Potro, qui est devenu l’idole du peuple argentin depuis sa victoire à l’US Open l’an passé ». Son jeune compatriote, n°7 mondial, est très incertain pour la demi-finale face à la France, en septembre prochain. En son absence, Nalbandian sera l’homme fort de sa sélection. Et il aime ça.

Parfois pris en flagrant-délit de surcharge pondérale, loin d’être le joueur le plus complet d’un circuit où il n'est pas le personnage le plus apprécié, le finaliste de Wimbledon 2002 sait jouer sur ses qualités. « Il est dans la lignée d’un André Agassi, assure Dominguez. C’est un excellent contreur. Il prend la balle très tôt. Il n’a pas un superbe service, mais il relance formidablement bien. Son revers est probablement l’un des plus beaux du circuit. Et son coup d’œil lui permet d’anticiper à merveille. »

Tombeur de l’intouchable Roger Federer en finale du Masters de Shanghai (2005), l’Argentin, demi-finaliste des quatre « Grand Chelem », est à l’aise sur toutes les surfaces. « Il fait potentiellement partie des cinq meilleurs joueurs du monde, résume Guy Forget, le capitaine de l’équipe de France. Quand il joue bien, c’est une machine. » Une machine que les Bleus vont sans doute devoir enrayer. A moins d’une énième blessure…

Alexandre Jaquin