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Doha: avant son grand retour, Federer assure qu'il n'a jamais envisagé la retraite

Absent du circuit depuis l’Open d’Australie 2020, Roger Federer est attendu sur les courts de Doha mercredi. Un événement majeur. Après ses deux opérations au genou, le Suisse saura très vite s’il peut envisager revenir à la bagarre avec ses rivaux. En tout cas, il est heureux de retrouver "sa deuxième famille".

Roger Federer a donné ce dimanche à Doha sa première conférence de presse depuis sa défaite en demi-finales de l’Open d’Australie 2020, le 30 janvier exactement. L’énorme différence, c’est que le Suisse, à Melbourne, était confronté à des visages. Au Qatar, il a découvert les visio-conférences.

Durant cette période sans jouer, l’homme aux 20 Grands Chelems a subi deux opérations à son genou droit et la pandémie a bousculé les habitudes du "circus". Mais Roger Federer, 39 ans, semblait comme un gosse. Heureux de "retrouver sa deuxième famille". Après une longue préparation à Dubaï, où il a fait venir des sparring partners pour se jauger, il a choisi Doha comme tournoi de reprise. Il va, évidemment, partir dans l’inconnu, mais son envie est intacte.

"Le tennis, c’est comme faire du vélo, a-t-il dit. J’ai toujours été le gars qui jouait bien assez vite. Le souci, c’est le genou. Avoir deux opérations comme ça, c’est un challenge. Après la deuxième intervention, je suis vraiment reparti de zéro. Les trois prochains mois vont être intéressants. Je vais devoir jouer plus, voyager plus. Un peu comme lors de mon come-back en 2017. Il faudra observer la réaction du genou après des voyages transatlantiques. Voir comme il réagit après des matchs en cinq sets, des sets de malade contre les top joueurs. Autant de questions auxquelles je n’ai pas les réponses."

Federer: "Prendre ma retraite n’a jamais été envisagé"

Roger Federer a ensuite développé sur les sentiments qu'il a ressentis durant cette année 2020 marquée par deux passages sur une table d’opération. "C’est normal que pendant cette année, j’ai eu des conversations avec mon équipe rapprochée, ma famille, afin de savoir où on allait. Quand j’ai pris la décision de la première intervention, juste après mon exhibition au Cap avec Rafael Nadal, l’objectif, c’était d’être prêt pour Wimbledon. Je ne pensais pas qu’il y aurait des complications. Après une balade avec les enfants ou une sortie en vélo, mon genou me faisait souffrir. Après la deuxième opération, j’étais au fond du trou", a-t-il expliqué.

Impacté par cette deuxième opération, le Suisse a donc mal vécu les semaines qui ont suivi: "Je ne pensais pas devoir repasser par cette case. Là, tu te poses des questions plus profondes. Mais bon, Wimbledon a été annulé et la pandémie est arrivée. Pour ma vie personnelle, je ne voulais pas brusquer ma rééducation. Je voulais être en excellente santé. Je voulais pouvoir faire du ski avec mes enfants et mes amis, jouer au basket ou au football. Si j’y arrivais, je pouvais rejouer au plus haut niveau. Je sentais que j’avais ça en moi et que j’allais me donner les moyens."

Malgré les difficultés rencontrées, Federer n'a songé à arrêter: "Prendre ma retraite n’a jamais été envisagé. Mes interrogations concernaient mon genou. Allait-il me permettre de rejouer au plus haut niveau ? Il sera temps d’analyser la situation dans quelques mois. J’aurai joué plusieurs tournois. Je crois avoir accompli la route la plus difficile avec mon physio, mes docteurs. Quelque part, j’ai apprécié cette rééducation. Les gars ont été étonnés. Finalement, c’était une bonne période. J’ai pris comme ça comme un défi. Et comme j’aime les challenges…

Une reprise qui s'annonce difficile à Doha

Roger Federer n’a pas choisi la facilité en reprenant à Doha, un ATP 250 très relevé. Tête de série numéro 2, il a été exempté du premier tour. Il débutera mercredi face au gagnant du match qui opposera Jérémy Chardy à Dan Evans. En 2017, lorsqu’il avait disputé l’Open d’Australie après une coupure de six mois, Roger Federer avait affronté lors de ses deux premiers tours deux joueurs issus des qualifications, l’Autrichien Jürgen Melzer - alors 300e mondial - puis l’Américain Noah Rubin.

Sur les courts qataris, il n’aura pas de marge de manœuvre. L’Anglais est 28e mondial et le Palois figure dans le top 20 sur ses seuls résultats en 2021. "Je n’ai pas des attentes énormes ici", a prévenu Roger Federer. Mais son retour sur le circuit est une bénédiction pour les sponsors et les diffuseurs. Le 1.514e match officiel de la carrière du Suisse sera guetté comme rarement…

Eric Salliot