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Houdet-Jérémiasz : les cadors du tennis

Stéphane Houdet - Mickaël Jérémiasz

Stéphane Houdet - Mickaël Jérémiasz - -

Victorieux du tournoi de double de tennis en fauteuil à Pékin en 2008, Stéphane Houdet et Mickaël Jérémiasz vont tenter de conserver leur titre à Londres. La meilleure paire du monde a bien l’intention de briller aux Jeux Paralympiques.

Les Jeux, Roland-Garros, Wimbledon, l’US Open, l’Open d’Australie… Rien ne leur résiste. Les Français Stéphane Houdet (41 ans) et Mickaël Jérémiasz (30 ans) sont en quelque sorte au tennis en fauteuil ce que sont les intouchables frères Bryan, Bob et Mike, aux valides. Ils gagnent tout, sont les meilleurs joueurs de double et seront les immenses favoris des Jeux Paralympiques à Londres (29 août-9 septembre). « L’accident a été un catalyseur, reconnait Mickaël Jérémiasz. On est dans nos rêves d’enfants. Et on se la raconte car on est les meilleurs du monde en fauteuil alors qu’en valides, on était de simples joueurs de clubs. »

Très complices dans la vie, les deux hommes sont de vrais compétiteurs. Mickaël a besoin de Stéphane, Stéphane a besoin de Mickaël. « On est deux leaders. On compose en double pour assurer cette complémentarité, explique Stéphane Houdet. On connait nos tempéraments. On est habitué à jouer avec l’autre. Pour qu’il soit plus fort, il faut qu’il ait en tête que c’est lui le leader. On aime gagner. Mais le tennis reste un jeu. Ce n’est pas une guerre. » Le secret, c’est peut-être aussi de s’éloigner, pour mieux se retrouver quand l’enjeu est important.

Houdet , n°1 mondial en simple et n°2 en double

« Avec Stéphane, il vaut mieux qu’on fasse seulement 3-4 tournois par an, détaille Mickaël Jérémiasz. De cette manière, on arrive à créer une envie lors des Jeux. Si tu joues tout le temps avec la même personne, tu te lasses. Et puis on se tire la bourre au niveau du classement en double. » Mickaël est numéro 1 mondial en double, Stéphane numéro 2. Et Stéphane est aussi numéro 1 en simple. « On marche à l’adrénaline, confirme Mickaël. On veut faire peur aux autres en se tapant dans la main, en serrant le poing. Stéphane se prend au jeu. Il adore ça. Je préfère le double grâce à cette relation. »

Et à trois jours du début des Jeux Paralympiques de Londres, les deux Français abordent la compétition en toute décontraction. Sûrs de leur force. « Sur le terrain, on est complémentaire, avec lui qui défend et moi qui mets la pression avec mon service et mon coup droit, annonce Mickaël Jérémiasz. Et on est plus forts qu’il y a quatre ans. » Leurs adversaires sont prévenus. « Les Jeux, c’est autre chose, poursuit Mickaël. Ils ont une saveur particulière. C’est là où il y a la plus grosse exposition médiatique. » Une superbe occasion de crever l’écran.

Xavier Martel avec Camille Gelpi