RMC Sport

Le clan Rezai se déchire

-

- - -

La joueuse de tennis française a déposé plainte contre son père, Arsalan, au commissariat de Boulogne-Billancourt. Une conséquence des différends profonds et difficilement réversibles qui opposent l’ancien duo.

Entre Aravane Rezai et son père, le torchon brûle. Et le conflit qui les oppose se joue désormais sur le terrain judiciaire. Le 1er juin dernier, la joueuse originaire de Saint-Etienne a déposé une plainte au commissariat de Boulogne-Billancourt contre son père pour « harcèlement moral, violences volontaires et menaces de mort », selon une source policière.

Le différend qui oppose la 52e joueuse mondiale à son père Arsalan a débuté lors de l’Open d’Australie, en janvier dernier, lorsqu’une altercation les avait opposés. Aravane Rezai avait alors décidé de se séparer de son père, qui était également son coach, et ce dernier avait été suspendu par la WTA. Une sanction qui avait fortement déplu à Arsalan Rezai, comme il l’avait expliqué dans une interview parue dans le Journal Du Dimanche où il mettait notamment en cause la WTA et Mansour Bahrami, ancien joueur français d’origine iranienne : « Il y a des charognards autour d’elle. Ils la manipulent. (…) Bahrami essaie de lui donner des conseils, mais c’est un profiteur. Pas un vrai Iranien. » Mansour Bahrami a fait savoir à RMC Sport qu’il ne souhaitait pas réagir à ces propos.

Un père sévère et autoritaire

Pour Patrice Dominguez, ancien DTN du tennis français, le fait que cette affaire se poursuive devant la justice découle d’une certaine logique : « Je ne suis pas surpris par l’évolution de l’affaire de la famille Rezai car, depuis quelque temps, les ponts étaient rompus. Son père ne voulait pas qu’Aravane s’émancipe et il y a eu des incidents regrettables. » Toujours selon Dominguez, la Stéphanoise ne pouvait plus supporter le caractère et l’ingérence permanente de son père dans sa vie. « Il était sévère, autoritaire et décidait de tout pour sa fille, sur et en dehors du court. Le désir d’émancipation de la joueuse a rendu la situation insupportable pour son père et regrettable pour la carrière d’Aravane. »

Pour celle qui avait terminé 2010 à la 19e place mondiale, la saison continue – elle a été éliminée ce jeudi au 3e tour du tournoi d’Eastbourne – mais comme le confirme Alexandra Fusai, responsable du haut niveau féminin à la Fédération Française de Tennis, la joueuse doit maintenant prendre son destin en main : « C’est à elle de trouver un nouveau coach. Elle est d’ailleurs en pourparlers pour continuer son travail avec Alexia Dechaume, avec qui elle avait préparé Roland-Garros. »