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Ion Tiriac : « Les sportifs doivent penser aux spectateurs »

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Ancienne gloire du tennis, l’homme d’affaires est le manager du tournoi de Madrid. A l’origine de l’instauration d’une terre battue bleue qui fait polémique, le Roumain défend sa position alors que le tournoi vient à peine de débuter.

Qu’est-ce qui vous pousse à faire de ce tournoi un laboratoire d’idées innovantes dans un milieu comme le tennis pourtant très traditionnaliste ?

On ne doit pas parler spécifiquement de tennis mais de sport en général. Dans les 30 dernières années, le sport est devenu une industrie énorme. C’est devenu une profession à part entière. Tous ont changé. Le football n’a plus rien à voir avec ce qu’il était il y a trente ans. En tennis, les Grands Chelems gardent une sorte de tradition, ce qui peut se comprendre. Mais il faut veiller à ne pas devenir conservateur. Il ne faut pas rester comme il y a trente ans.

Dans le tennis plus qu’ailleurs, c’est donc compliqué de faire bouger les lignes…

Certains ont des difficultés à l’accepter. On a quand même changé quelque chose, comme le système des scores avec l’instauration du tie-break. Souvenez-vous, il a été longuement critiqué. A l’US Open, on a aussi changé 4 fois de surface ces dix dernières années.

On décrit le tournoi de Madrid comme étant le rival du tournoi de Roland-Garros. Souhaitez-vous détrôner ce tournoi ?

Absolument pas. Je respecte Roland-Garros probablement plus que tous les autres tournois du monde. Et pas seulement parce que je l’ai gagné en double (en 1970, ndlr). Il a beaucoup investi dans le tennis. Je ne veux pas me comparer avec Roland-Garros ni aucun autre tournoi. Je veux que Madrid soit un tournoi à lui-même. Je n’ai pas besoin de 120 joueurs. Si c’est moi qui devais prendre cette décision, je garderais toujours 32 joueurs. La valeur de ce tournoi, aujourd’hui, c’est vraiment le meilleur contre le meilleur. C’est pour ça que Madrid a plus progressé en 10 ans que les autres tournois en 50 ans. Il ne faut pas enlever au Grand Chelem la tradition. Mais nous, chaque année on essaye d’évoluer un peu.

Avez-vous d’autres idées innovantes derrière la tête ?

Maintenant, je travaille sur la couleur des balles. Je pense qu’elle peut être améliorée afin que les joueurs et les spectateurs la visualisent mieux. Je pense toujours aux deux. C’est important que les sportifs pensent également aux spectateurs. Parce que les joueurs passent, mais le tennis et les spectateurs restent.

Avez-vous déjà joué sur cette terre bleue ?

J’ai arrêté de jouer il y a 25 ans ! Mais je sais que cette terre est bien. On a fait un tas d’étude, et il faut savoir que sur de la terre bleue, la visibilité de la balle est améliorée de 15% pour les joueurs et de 25% pour les téléspectateurs.

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