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Benneteau est le Charlie du bout de monde

Julien Benneteau a joué ce mardi matin avec "JeSuisCharlie" cousu sur son polo.

Julien Benneteau a joué ce mardi matin avec "JeSuisCharlie" cousu sur son polo. - AFP

Eliminé dès le 1er tour de l’Open d’Australie, Julien Benneteau a affronté Benjamin Becker avec un badge « JeSuisCharlie » cousu sur la manche droite de sa chemisette. Déjà en Australie quand les attentats ont semé la terreur en France, « Bennet’ » a tenu à manifester son soutien aux familles des victimes et à défendre les valeurs républicaines.

Julien, pourquoi avez-vous tenu à jouer avec ce badge « JeSuisCharlie » ?

On était à Brisbane quand ce drame est arrivé. On était tous très marqués et je trouvais que c’était bien de montrer qu’on est solidaires. On soutient tout ce qu’il y a eu à la suite de ces attentats, cet élan incroyable, populaire, républicain. C’était fabuleux. A notre niveau, on essaye de montrer notre soutien, notre solidarité que ce soit envers les victimes de Charlie Hebdo et de leurs proches, et puis aussi les autres victimes et les policiers, que ce soit le RAID ou le GIGN qui ont été fabuleux.

Que représente pour vous Charlie Hebdo ?

Pour moi, Charlie représente tout ce qu’il y a eu. Les journalistes, ces pauvres dessinateurs qui n’avaient rien demandé, ceux qui se sont fait abattre parce qu’ils sont juifs, ceux qui se sont fait abattre parce qu’ils sont policiers, ceux qui se sont fait abattre parce qu’ils sont arabes, musulmans. Voilà, pour moi c’est tout ça. Et surtout cet élan qu’il y a eu, cette solidarité unique qui était spontanée. On a suivi ça de loin, mais on était complétement scotchés devant la télé pour suivre tout ça.

Vivre de tels événements aux antipodes, ça n’a pas dû être évident à gérer ?

Ouais, c’est sûr que si j’avais été à Paris, je serais allé au premier rassemblement à la République (le mercredi, ndlr), et forcément à la marche le dimanche. J’étais à Sydney, je n’étais pas au courant mais il y a eu un rassemblement. Je n’étais pas au courant, c’est con... Mais oui, effectivement, beaucoup de sports, de sportifs et de monde ont affiché leur soutien. Et nous, même à l’autre bout du monde, on est complétement concernés et on se sent solidaires de tous les gens qu’il y avait à Paris.

Ici en Australie, vous sentez-vous en sécurité ? Et appréhendez-vous votre retour en France ?

Non, je n’appréhende pas le retour en France. En Australie, les pauvres, ils ont eu aussi un attentat il y a quelques semaines à Sydney. Je pense que les terroristes, s’ils veulent frapper, ils frappent un peu n’importe où. Donc non, je n’ai pas d’appréhension particulière de rentrer en France. Au contraire. Quand je rentrerai, je serai content de retrouver ce pays.

Eric Salliot à Melbourne