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Santoro : « Mon voyage est déjà réussi »

Fabrice Santoro disputera à partir de lundi à Melbourne, le dernier tournoi du Grand Chelem de sa carrère.

Fabrice Santoro disputera à partir de lundi à Melbourne, le dernier tournoi du Grand Chelem de sa carrère. - -

Le Français est sorti de sa retraite pour entrer dans l’histoire. Opposé ce lundi au Croate Cilic, Fabrice Santoro prend part à son 70e tournoi du Grand Chelem, record absolu, le tout en 22 ans de présence sur le circuit. Et il fait un appel du pied à Federer…

Comment s’est passé votre retour en Australie, là où vous avez réalisé votre meilleure performance en Grand Chelem (quart de finale en 2006, ndlr) ?
C’est exceptionnel. Je suis arrivé lundi soir dernier, tard à Melbourne, et j’ai fait mon premier entrainement le lendemain face à Roger Federer, sur la Rod Laver Arena. On a joué une heure et demie dans la bonne humeur, avec un bon niveau de jeu. A ce moment-là, je me suis dit que, quoi qu’il se passe dans ce tournoi, mon voyage était déjà réussi.

Est-il vrai que vous allez reverser vos primes de participation à une association ?
C’est exact. En fait, l’année dernière le directeur du tournoi, Craig Tiley, avait organisé une cérémonie extraordinaire après ma défaite face à Roddick. Lorsque j’ai songé à participer au tournoi cette année, c’est la première personne que j’ai appelée, en lui disant que j’avais envie de venir mais que ça me gênait vu qu’il avait été formidable avec moi l’an passé. Tiley m’a dit de revenir, qu’il serait heureux de me voir jouer une nouvelle fois à l’Open d’Australie. J’ai été très touché et pour le remercier, je me suis engagé à reverser tout mes gains à une fondation de son choix.

Cet Open d’Australie est marqué côté français par le retour en Grand Chelem de Richard Gasquet, après avoir été disculpé par le TAS. Connaissez-vous ses objectifs?
Je n’en ai pas discuté avec lui ces dernières semaines. J’aimerais bien le revoir rapidement dans le Top 20, et à nouveau battre, de temps en temps, un tennisman du Top 5 ou 10. Richard arrive avec beaucoup de confiance, malheureusement un peu de fatigue aussi, car après seulement deux semaines de compétition, il a déjà joué huit matchs. Son premier tour sera très difficile face à Mickael Youzhny, mais il aura sa chance. Il reste sur d’excellents souvenirs ici à Melbourne, où l’an dernier il avait joué un match extraordinaire face à Gonzalez (défaite en cinq sets, 12-10 lors de la dernière manche).

Avez-vous peur que Roger Federer, batte votre record de 70 participations en Grand Chelem ?
Soixante-dix tournois du Grand Chelem, c’est plus de dix-sept ans de carrière sans en rater un. Ce n’est pas évident à tenir, car il y a toujours des blessures ou des moments où l’on quitte le circuit quelques semaines. Aujourd’hui, le seul prétendant qui peut faire tomber ce record est Federer, qui a participé à 42 tournois. Le Suisse arriverait à 70 en jouant sept années supplémentaires sans en rater un. J’aimerais quand même qu’il me laisse ce record, histoire qu’il ne les ait pas tous. Mais s’il venait à le battre, je serais très heureux que ce soit lui qui le fasse.

Allez-vous faire vos vrais adieux lors de ce tournoi ?
(Rire) Oh, si Roger Federer me demande de jouer le double avec lui à Dubaï, je pense que je saute dans l'avion…

La rédaction - Eric Salliot à Melbourne